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Traitement de migrants africains: Israël critiqué par Human Rights Watch

09/09/2014 04:25 EDT | Actualisé 08/11/2014 05:12 EST

JÉRUSALEM - Israël a forcé des milliers de migrants africains à quitter son territoire, en dépit des graves risques personnels que cela leur faisait courir, a dénoncé mardi Human Rights Watch.

Un document publié par l'organisation new-yorkaise de défense des droits de la personne révèle que quelque 7000 migrants érythréens et soudanais ont été forcés à rentrer chez eux, où ils pourraient être victimes d'exactions.

Une porte-parole du ministère israélien de l'Intérieur, Sabine Haddad, a répliqué que le pays répond aux défis présentés par les migrants d'une manière légale et appropriée.

«La multiplication par trois du taux de rapatriation volontaire des migrants entre 2013 et 2014 démontre que nos politiques fonctionnent», a-t-elle dit.

Le rapport affirme que certains Soudanais, après être revenus, ont été torturés, placés en détention arbitraire ou accusés de trahison par leur gouvernement anti-Israël, tandis que les Érythréens sont aussi passibles de harcèlement.

Human Rights Watch reproche à Israël d'avoir cantonné ces Africains dans le désert de Neguev. Citant les propos de dirigeants israéliens, dont le ministre de l'Intérieur Eli Yishai, HRW explique que le but de cette tactique est d'imposer aux migrants des conditions si insupportables qu'ils préféreront rentrer dans leur pays.

«Détruire l'espoir des gens de trouver refuge en les forçant dans un coin et en prétendant ensuite qu'ils quittent volontairement Israël est un abus évident, a dit l'auteur du rapport, Gerry Simpson. Les Érythréens et les Soudanais en Israël doivent choisir entre vivre dans des centres de détention en plein désert ou risquer détention et agressions en rentrant chez eux.»

Depuis 2006, environ 50 000 Érythréens et Soudanais sont entrés illégalement en Israël par le biais du désert du Sinaï, au plus grand dam des quartiers israéliens pauvres où ils s'installent ensuite. Les résidants accusent les migrants de s'adonner à la criminalité et de transformer les quartiers en bidonvilles — des allégations qui obligent les dirigeants à intervenir pour limiter le nombre de migrants au pays.

Comme plusieurs économies européennes et autres, Israël offre aux pauvres migrants africains l'occasion d'améliorer leur sort. Plusieurs occupent maintenant des métiers inférieurs dans des hôtels et restaurants de Tel Aviv ou de la station balnéaire d'Eilat, sur la mer Rouge.

Au cours des dernières années, quelque 50 000 Africains en provenance de l'Érythrée ou du Soudan sont entrés illégalement en Israël, par le désert du Sinaï.

Les localités répertoriées dans le désert de Neguev, dans le sud du pays, sont parmi les plus pauvres d'Israël. L'arrivée massive de migrants a suscité depuis quelques années des perturbations sociales dans la région.

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