DIVERTISSEMENT

<em>Santa Maria</em> à la Dany Placard

09/09/2014 10:15 EDT | Actualisé 09/09/2014 10:19 EDT
Sarah Marcotte

Il y a deux ans, le Saguenéen d’adoption montréalaise Dany Placard proposait un disque étonnamment doux et empreint de confessions intimes. Avec Santa Maria, la sève de l’homme coule toujours, mais c’est définitivement plus léger. Rencontre.

« C’est une suite logique de Démon Vert, qui a vraiment ben été, raconte le chanteur-guitariste. C’est à partir de cet album que je me suis mis à parler de moi, que j’ai commencé à m’ouvrir. Cette fois-ci, je vais encore plus loin, mais le ton est différent. Santa Maria est plus joyeux, disons. Je me suis dis que j’irais plus ironique. Je suis un gars funny pareil dans la vie, même si je peux avoir l’air bête (nous supposons qu’il fait référence à sa présentation de faux dur à cuire!) ».

La pièce Confucius, qui ouvre le disque, fait foi de cet aspect lumineux : « C’est pas parce que là y fait noir, qu’y fera plus jamais clair / Non, c’est pas parce que t’as mal au dos, qu’y fait pas soleil dehors » chante Placard avec une voix dynamique et un brin railleuse.

Santa Maria révèle donc une autre part de Dany Placard. Celle de l’homme qui désire encore parler au « je » mais avec une attitude plus souriante : « Démon Vert, c’était d’abord l’artiste désillusionné du métier, le père de famille, le gars sérieux... Lui qui se confiait à sa blonde pis à ses enfants... Là, j’avais envie de présenter un gars heureux, qui s’amuse. Ça fait du bien de dire que ça va bien! (rires) En tout cas, c’est plus up la vie, plus up tempo que le disque d’avant. »

Une autre grosse différence serait l’importance grandissante qu’il accorde à ses collègues musiciens.

« C’est plus un album de band. Guillaume Bourque, le guitariste, a écrit des bouts de musique. Gass (Michel-Olivier, le bassiste) a aussi donné un coup de main pour les textes. On a tout enregistré au (réputé) Wild Studio de Saint-Zénon. C’est quatre gars ensemble qui sont partis dans le bois pour créer un album en neuf jours. On a travaillé fort. »

« Country rock rythmé »

Pendant que les boys regardaient la série Canadien-Bruins en mai, dans le confort du studio, Dany Placard explique qu’il n’avait pas le choix de se consacrer à certains textes (bon, il a quand même vu la plupart des matchs). Il donne en exemple la pièce Dix jours.

« J’étais tracassé. Mais, après quelques jours et quelques couches de musique, j’ai commencé à avoir pas mal de fun [...] On a enlevé le côté bluegrass, c’est plus country rock dans la tradition américaine. On a aussi retiré les cuivres, ce qui a donné de la place pour les claviers. C’est plus rythmé, mais pas dans le tapis. On s’est inspiré du virage électrique de Bob Dylan. Ça fait également Wilco, un groupe qu’on adore. Mais ma guitare est toujours acoustique. »

Aux dires de Placard, le modus operandi en studio a été assez spontané, certains morceaux étant pratiquement enregistrés d’un trait.

« Tu finis de jouer une chanson pis tu réalises que personne n’a rien dit. Les gars m’ont suivi comme si de rien n’était. C’est signe qu’on est vraiment rendu un groupe. On se pose plus de questions. Quand on a fait le premier show au FME (Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue) on a joué comme si on l’avait toujours présenté. Je suis extrêmement content de la chimie de la gang. Finalement, ce n’est pas surprenant. Ils sont des chums. Des gars qui sont venus à mon mariage, sti. »

Afin de souligner cet esprit collectif, le quatuor (complété par le batteur Mathieu Vézio) interprète en chœur la pièce Paradis. Pour ce qui est de la scène, il semble que l’approche sera la même. « C’est certain qu’on va livrer les shows dans cette optique. J’ai l’intention de les faire chanter chacun un couplet pour donner de l’importance à l’idée de groupe », renchérit Placard.

En plus, Éric Villeneuve, son vieux comparse, a une fois de plus collaboré à la réalisation (à laquelle Dany Placard s’est investi aussi). Et quand on entend la marrante Chanson populaire, qui tourne déjà sur les ondes radiophoniques, on ne peut s’empêcher de croire que ce chaleureux Santa Maria (nom d’un volcan situé au Guatemala ou en Argentine) est une explosion folk rock très positive pour un artiste qui se demandait, il y a quelques années, ce qu’il allait bien foutre avec son métier de musicien.

Dany Placard

Santa Maria

Simone Records

Sortie le 9 septembre 2014

INOLTRE SU HUFFPOST

Bons artistes, mauvais albums