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Référendum en Écosse: «Un saut dans l'inconnu avec le oui», dit Cameron

09/09/2014 04:57 EDT | Actualisé 10/09/2014 03:46 EDT
Bloomberg via Getty Images
David Cameron, U.K. prime minister, gestures following his speech at the Conservative party's annual conference in Birmingham, U.K., on Wednesday, Oct. 6, 2010. Cameron ended his first Conservative Party conference as U.K. premier on the defensive after reversing a pledge to pay child benefit to all mothers and then apologizing for not telling voters before the May election. Photographer: Chris Ratcliffe/Bloomberg via Getty Images

Cameron, Clegg, Miliband: les dirigeants des trois grands partis britanniques menaient campagne mercredi en Écosse à huit jours d'un référendum d'indépendance historique, dans l'espoir d'empêcher la catastrophe que représenterait selon eux la victoire du oui et l'éclatement du Royaume-Uni.

Ce déplacement avait été annoncé en urgence mardi deux jours après la publication d'un sondage donnant pour la première fois le oui en tête des intentions de vote, et qui a fait l'effet d'une bombe dans le camp du non.

Le premier ministre David Cameron s'est rendu en fin de matinée à Edimbourg, sur la côte orientale, après avoir longtemps tenu secret le détail de son programme, ses services s'inquiétant visiblement des mouvements d'humeur des partisans du oui à l'indépendance de la région.

"J'aurais le coeur brisé si cette famille de nations que nous avons réunies, et avec qui nous avons fait tant de choses, était déchirée", a-t-il déclaré.

A la suite de M. Cameron, le leader du parti libéral-démocrate, Nick Clegg, son allié au sein du gouvernement, et le chef de l'opposition travailliste, Ed Miliband, devaient également faire campagne pour le non.

Les trois hommes ne devaient toutefois pas apparaître ensemble, les travaillistes ayant refusé d'être présents au côté de M. Cameron, impopulaire dans la région, a souligné le Guardian.

Cette triple offensive pour le non ne semblait toutefois guère impressionner le leader indépendantiste Alex Salmond, premier ministre écossais, qui a pris un bain de foule dans les rues d'Edimbourg quand M. Cameron discourait dans une salle fermée au public.

"Si la bande de Westminster se jette dans la campagne, c'est parce qu'elle est en train de paniquer", s'est-il gaussé. "Quand nous, nous oeuvrons pour renforcer le pouvoir de notre Parlement afin de créer des emplois en Écosse, eux ne cherchent qu'à protéger leurs postes", a-t-il lancé.

"Leur déplacement finira par se retourner contre eux", a renchéri sur le même ton Michael Granados, un militant accompagnant M. Salmond, au milieu d'une nuée de pancartes et de drapeaux appelant à voter "Yes".

"A chaque fois que Westminster intervient dans cette campagne, les votes penchent de plus en plus en faveur du oui", a-t-il ironisé.

Une partie de la presse raillait également ce tir groupé du trio Cameron-Clegg-Miliband, le Sun les présentant dans un montage photo affublés de kilts dans une tentative désespérée de gagner à leur cause les partisans du oui.

Ce déplacement à Edimbourg constitue une des interventions les plus significatives de M. Cameron dans la campagne et illustre la pression grandissante sur les épaules du dirigeant conservateur.

-La reine veut rester impartiale-

Selon certains médias, le chef du gouvernement pourrait même être contraint à la démission par les frondeurs de son parti s'il ne parvenait pas à empêcher l'Ecosse de quitter l'union.

Multipliant les initiatives, M. Cameron avait précédé sa visite en terre écossaise d'une tribune alarmiste dans le quotidien Daily Mail, dans laquelle il appelle les électeurs à peser soigneusement les conséquences d'une victoire du oui au référendum du 18 septembre.

"Si le Royaume-Uni éclate, il éclate pour toujours. Le choix qui vous est offert est donc clair: un saut dans l'inconnu avec le oui, ou un avenir meilleur pour l'Écosse avec le non, plaide-t-il.

Le premier ministre conservateur ajoute qu'en votant non, les Ecossais resteraient dans l'union, mais avec des compétences renforcées pour le parlement d'Edimbourg en termes de capacités d'emprunt, d'impôt et de dépenses.

Acculé, M. Cameron pourrait-il demander à la monarchie d'intervenir, comme l'écrivent les médias britanniques? L'hypothèse a été balayée par Buckingham Palace, bien que les spécialistes de la famille royale évoquent régulièrement l'inquiétude de la reine Elizabeth II face au possible éclatement du royaume.

"L'impartialité constitutionnelle de la souveraineté est un principe établi de notre démocratie, et la reine l'a démontré tout au long de son règne. Selon ce principe, le monarque est au-dessus de la politique et les responsables au gouvernement ont pour devoir de faire en sorte que cela reste le cas", a souligné un porte-parole du palais royal.

Signe du climat d'inquiétude inspiré par l'éventuelle victoire du oui, la Bourse de Londres a entamé la séance de mercredi en baisse de 0,31%.

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