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«Ma vie amoureuse de marde» : Anne-Marie Dupras présente le livre de ses folles histoires de coeur

09/09/2014 10:34 EDT | Actualisé 09/09/2014 10:34 EDT
CATHERINE GIROUX

Le 26 août 2013, après une énième peine d’amour, son cœur éparpillé en mille miettes une fois de trop, Anne-Marie Dupras rédigeait les premières lignes de son blogue, judicieusement intitulé Ma vie amoureuse de marde (En couple avec le célibat jusqu’à ce que l’amour nous sépare).

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Le 26 août 2014, Anne-Marie Dupras tenait pour la première fois entre ses mains son bouquin Ma vie amoureuse de marde, dérivé des péripéties décrites dans son journal virtuel – toutes vraies, soit dit en passant. L’ouvrage sera en librairie ce mercredi.

Entre ces deux dates, un an s’est écoulé, les événements se sont bousculés, la popularité de l’auteure et de ses écrits a explosé sur le web, les morceaux de son cœur se sont recollés et la Cendrillon désillusionnée a trouvé chaussure à son pied, c’est-à-dire l’homme de sa vie. Mais le chemin qui a mené au bonheur que connaît aujourd’hui Anne-Marie Dupras a été tortueux, sinueux, parsemé d’embûches, tant personnelles que professionnelles. Portrait d’un succès inattendu, inespéré, forgé au prix de beaucoup de larmes, et qui est peut-être une preuve indéniable qu’après tout, rien n’arrive pour rien, dans la vie.

«Moi, je suis le genre de fille qui raconte ses histoires de gars à ses copines et qui fait rire tout le monde, explique Anne-Marie Dupras. Les gens me trouvent divertissante, car c’est souvent rocambolesque, ça n’a juste pas de bon sens. À un moment donné, une amie m’a dit que j’étais la fille la plus malchanceuse en amour qu’elle avait rencontrée. Ça m’a fait de la peine… Mais je me disais que, pour que tout le monde soit estomaqué à chaque fois que je parle de mes relations, ça devait effectivement ne pas avoir d’allure.»

«Le lendemain de ma dernière peine d’amour, j’étais tellement maganée qu’il fallait que ça sorte, d’une façon ou d’une autre. J’avais trop mal. Moi, l’écriture me fait du bien. Donc, c’a sorti d’une façon fâchée, mais humoristique. J’ai envoyé ça à mes amis, et eux l’ont partagé sur les réseaux sociaux. Rapidement, on m’a réclamé la suite. Alors, j’ai continué. Je ne manquais pas d’histoires», s’esclaffe Anne-Marie.

Parcours éclectique

Touche-à-tout, Anne-Marie Dupras a construit son curriculum vitae comme elle a acquis son bagage affectif, par essais et erreurs. D’abord musicienne pendant ses études, elle a intégré l’École nationale de l’humour (ENH) en 1996 après un bref détour au département de sexologie de son université. Se sentant plus ou moins à sa place entre les murs de l’ENH, elle a toutefois rapidement abandonné sa formation pour se lancer dans une tournée de spectacles en solo, qui lui a permis de gagner modestement sa croûte et de faire vivre ses deux enfants. Elle a également prêté sa plume à maintes publications à titre de journaliste, et son premier blogue, Moments de Maman, dans lequel elle relate les hauts et les bas de son quotidien en famille, au moyen de capsules vidéo, lui a amené un début de notoriété.

«Je suis un peu la femme à tout faire qui compose des musiques pour des court-métrages, qui fait du montage, qui écrit des articles de magazines… J’ai tout fait pendant de longues années», résume la principale intéressée.

Une rencontre s’est avérée déterminante dans son parcours : celle d’Annie Deschamps (fille d’Yvon), elle aussi humoriste, avec qui elle a fondé, il y a deux ans, le duo Les Zélées. Ensemble, les deux complices offrent des prestations en français et en anglais et collaborent à divers projets. Cet automne, elles signent notamment les textes du faux magazine Pêche et pêche, qu’on peut consulter sur le site web des Pêcheurs, à Radio-Canada.

Mais c’est principalement Ma vie amoureuse de marde qui sert désormais de carte de visite à Anne-Marie. En février dernier, l’humoriste transportait ses billets dans les pages de blogues du Huffington Post Québec, ce qui a encore élargi son lectorat. À la même période, son amie India Desjardins formulait de bons mots à son égard aux Éditions de l’Homme, qui se sont tout de suite montrées intéressées à publier le livre Ma vie amoureuse de marde, co-écrit avec Annie Deschamps. Du coup, une entente a été parafée pour la mise en marché de plusieurs bouquins.

«C’est devenu gros super rapidement. J’ai compris que les lecteurs se reconnaissent dans mes récits. Mais ce n’était absolument pas prévu comme ça. J’ai passé 18 ans à essayer de me «mettre sur la mappe» avec des millions de projets que moi, je trouvais super cool, mais il a fallu que j’écrive quelque chose en pyjama, dans ma cuisine, les yeux comme un raton laveur parce que mon mascara coulait, des larmes dans mon clavier, pour me faire connaître. Au moins, ça venait du cœur», rigole encore la jeune quadragénaire.

Amusants clins d’oeil

Pour pondre Ma vie amoureuse de marde, Anne-Marie Dupras s’est inspirée du roman He’s Just Not That Into You, de Greg Behrendt et Liz Tuccillo, porté au cinéma par le réalisateur américain Ken Kwapis (Laisse tomber, il te mérite pas, en version québécoise), œuvre sympathique décortiquant les faiblesses de la gent féminine dans ses rapports avec les hommes. Elle a donc conçu son livre comme un «manuel d’instruction» des relations amoureuses, qui ne se prend pas du tout au sérieux. On y trouve des tranches de vie, bien sûr, mais aussi des tests, des conseils (certains franchement rigolos), des listes, des réflexions, le tout enjolivé de coquettes et discrètes illustrations. Autrement dit, Ma vie amoureuse de marde est une enfilade de clins d’œil amusants et sans prétention.

«Je voulais un livre qui s’ouvre et se ferme rapidement, facilement. Un livre qui serait un compagnon, qu’on dépose sur la table de chevet après en avoir lu deux ou trois pages. Ça fait rire, ça fait du bien, et on continue demain. Un livre qu’on peut lire quand ça va bien, mais aussi quand ça va super mal. Comme une amie qui est à côté de toi et te raconte une blague, comme un partenaire de peine d’amour! (rires)»

Si elle martèle que tout ce qu’elle dit dans Ma vie amoureuse de marde est vrai, Anne-Marie a néanmoins pris soin de ne nommer personne, pour illustrer son point de vue à elle et non celui des autres. Elle ne parle pas non plus du père de ses enfants. Elle tient d’ailleurs à protéger son fils de 16 ans et sa fille de 10 ans des réactions que peuvent susciter ses états d’âme rendus publics, même si sa cadette rêve d’être écrivaine comme maman.

Coffret brun

En date de septembre 2014, Anne-Marie Dupras peut certes clamer haut et fort qu’aujourd’hui est le premier jour du reste de sa vie. Elle a trouvé son prince charmant, un internaute qui suivait assidûment ses tribulations sur Ma vie amoureuse de marde et a manifesté son envie d’investir dans ses différentes activités. De mécène, l’homme est ensuite passé au statut d’ami, puis de conjoint officiel.

«On a appris à se connaître, c’a pris des mois. Ça s’est fait tout doucement, mais c’est Ma vie amoureuse de marde qui m’a permis de trouver un gars incroyable! Il sait quel genre de personne je suis, à quel point j’ai été blessée dans le passé. Il était conscient du bagage, en s’embarquant avec moi! (rires)»

Par contre, la communauté de 6000 adeptes de Ma vie amoureuse de marde sera peut-être déçue d’apprendre que l’arrivée du mâle idéal dans l’entourage d’Anne-Marie marquera peut-être l’arrêt de mort de son blogue favori. Déjà, celle-ci a commencé à donner la parole à ses admirateurs, qui peuvent témoigner anonymement sur le forum et échanger entre eux.

«Je ne veux pas être associée à ça pendant 10 ans, précise l’instigatrice de la tribune. Je suis déjà dans d’autres projets de livres, j’ai un amoureux et, pour lui, je vais devoir arrêter de dire que ma vie amoureuse, c’est de la marde! (rires) J’ai encore des histoires à raconter, je vais continuer pendant quelques mois, puis, je vais bifurquer vers autre chose. Je ne continuerai pas pendant deux ans ; je ne veux pas me mettre à inventer des choses qui ne sont pas arrivées! (rires)»

Mais qu’importe ; Anne-Marie Dupras planche déjà sur un deuxième chapitre physique de Ma vie amoureuse de marde et, avec Annie Deschamps, sur un essai portant sur les femmes en humour au Québec, qui sera une présentation des Zélées. Elle songe même à lancer Ma vie professionnelle de marde.

«La marde, c’est mon thème à moi, badine Anne-Marie. Un jour, on fera un coffret brun pour tous les contenir! (rires)»

Ma vie amoureuse de marde, 24,95 $, Les Éditions de l'Homme. En librairie dès le 11 septembre.

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