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Le vol MH17 a été abattu, dit le rapport intérimaire

09/09/2014 06:41 EDT | Actualisé 09/11/2014 05:12 EST

LA HAYE, Pays-Bas - Le vol MH17 du transporteur Malaysia Airlines a été perforé par plusieurs projectiles se déplaçant à grande vitesse et provenant de l'extérieur, ce qui l'a disloqué en vol au-dessus de l'est de l'Ukraine, affirme un rapport intérimaire rendu public mardi.

Le rapport du Bureau d'enquête néerlandais pour la sécurité ne déclare pas que l'avion a été abattu par un missile, mais ses conclusions semblent pointer dans cette direction. Le document n'identifie pas non plus les responsables.

Le texte du rapport ajoute que rien n'indique que l'écrasement ait été causé par une défaillance technique ou par les actions de l'équipage qui, précise-t-on, était qualifié et expérimenté. Avant le drame, le vol MH17 se déroulait tout à fait comme prévu.

L'avion avait quitté l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol, aux Pays-Bas, et volait en direction de Kuala Lumpur lorsqu'il est soudainement tombé dans la région de Donetsk, en Ukraine, au coeur d'une zone contrôlée par les séparatistes prorusses, faisant 298 morts le 17 juillet.

«Les dégâts notés sur la section avant de l'avion semblent démontrer que l'appareil a été pénétré par une grande quantité d'objets provenant de l'extérieur à haute vélocité, peut-on lire dans le document. Il est probable que ces dommages aient entraîné une perte d'intégrité structurale de l'appareil, menant à sa dislocation en vol.»

Le bureau dirige l'enquête internationale sur les causes de la catastrophe. Son rapport final est attendu dans un an.

«Les résultats initiaux permettent de croire à une cause externe pour l'écrasement du MH17, a dit par voie de communiqué le président du Bureau d'enquête, Tjibbe Joustra. D'autres analyses seront nécessaires pour déterminer la cause avec davantage de précision. Le Bureau d'enquête croit que d'autres éléments de preuve seront découverts dans l'avenir.»

Les conclusions des enquêteurs sont notamment basées sur les éléments tirés des boîtes noires de l'appareil, de photos, vidéos, ou de données des autorités aériennes.

Les affrontements qui perdurent entre les forces ukrainiennes et les rebelles prorusses ont empêché les membres du bureau de se rendre sur place, visiter le champ dans lequel l'avion s'est écrasé, ce qui a probablement contribué à la prudence de leurs propos. Des enquêteurs malaisiens ont toutefois quitté à destination de l'Ukraine, lundi.

Les insurgés nient depuis le début avoir abattu l'avion, une position qu'ils ont repris mardi. Le quotidien russe Kommersant cite le leader des séparatistes dans la région de Donetsk, Alexandre Zakharchenko, qui déclare que «nous n'avons simplement pas la technologie qui nous aurait permis d'abattre l'avion malaisien».

Mais trois heures avant la tragédie, un journaliste de l'Associated Press avait aperçu, près du site de l'écrasement, un système Buk M-1 — une machine de la taille d'un char qui porte quatre missiles sol-air. Un haut gradé des rebelles avait aussi admis à l'AP que l'avion avait été détruit par des rebelles et des soldats russes qui croyaient attaquer un avion militaire ukrainien. Cette version est appuyée par des conversations téléphoniques entre rebelles enregistrées et publiées par Kiev.

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