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Le gouvernement dit vouloir combattre l'extrémisme en envoyant des soldats

09/09/2014 01:01 EDT | Actualisé 09/11/2014 05:12 EST

OTTAWA - Deux ministres importants du gouvernement canadien ont défendu leur décision de déployer des forces spéciales dans le nord de l'Irak, tout en laissant quelques questions en suspens sur l'étendue de l'implication du Canada.

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, John Baird et Rob Nicholson, se trouvaient mardi devant un comité parlementaire afin de justifier le plan du gouvernement fédéral de dépêcher des conseillers militaires dans cette région périlleuse.

John Baird estime que le Canada devait s'impliquer en Irak pour combattre l'extrémisme islamiste, «la bataille la plus importante de cette génération», selon lui.

Selon M. Nicholson, le gouvernement ne donnera pas suite au déploiement en envoyant des «hommes sur le terrain» — soit une présence de l'armée régulière — et des soldats des forces spéciales sont en route pour prêter main-forte. Certains des conseillers sont même déjà sur place, a-t-il souligné.

Le ministre de la Défense a précisé que la mission n'impliquera pas de combats, et pourra faire l'objet d'une révision dans 30 jours.

«Nous ne nous engagerons pas dans des combats. Notre rôle est très précis et très clair», a-t-il tranché.

Questions sur la durée de l'implication

L'échéancier de 30 jours a fait sourciller le député libéral Marc Garneau. Il soupçonne le gouvernement de préparer une mission beaucoup plus longue qu'un mois.

«Je pense que les probabilités sont assez fortes que (la mission) soit plus longue que 30 jours», a-t-il avancé.

Le premier ministre Harper, à la dernière journée du sommet de l'OTAN, a indiqué que le Canada allait évaluer la possibilité d'étendre sa participation après avoir observé la situation sur le terrain.

Par ailleurs, les ministres n'ont pas voulu donner de détails quant au lieu où travailleront les soldats canadiens pour des raisons de sécurité, ni préciser le genre de conseils qu'ils pourront donner aux autorités locales. Le porte-parole du NPD, Paul Dewar, trouve «étrange» que le Canada prodigue des conseils à l'armée locale. «Ils savent comment se battre», a-t-il remarqué.

M. Nicholson a affirmé qu'une évaluation de la performance des troupes dans l'aide apportée aux forces de sécurité irakiennes et aux combattants kurdes sera réalisée conjointement avec les alliés, soit principalement les Américains.

Les États-Unis ont déjà commencé à mener des attaques ciblées et il serait visiblement prêt à poursuivre son effort. Les prochaines actions du Canada devraient beaucoup dépendre des annonces de leurs alliés américains.

La guerre en Afghanistan avait pris une tournure semblable, alors qu'elle avait commencé avec des frappes aériennes en 2001.

Il est clair, toutefois, qu'il n'y a pas d'appétit pour une implication militaire sur le terrain, tant du côté du Parti libéral que du NPD. Le député néodémocrate Paul Dewar, qui a accompagné avec son homologue libéral Marc Garneau le ministre Baird en Irak, estime que le gouvernement irakien a d'abord et avant tout besoin d'aide humanitaire. Il a réussi à convaincre le gouvernement d'augmenter le montant prévu à cet effet.

Le ministre Baird a martelé que la stratégie à long terme du Canada n'était pas militaire. Selon lui, il est plus important d'agir auprès du gouvernement irakien pour faire la promotion de la liberté de religion.

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