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Industrie du taxi à Montréal: près de 650 plaintes par année

09/09/2014 01:44 EDT | Actualisé 09/09/2014 01:44 EDT
Radio-Canada

L'industrie du taxi ne fait pas toujours honneur à Montréal. De janvier 2012 à juillet 2014, 1614 plaintes ont été enregistrées au Bureau du Taxi de la métropole. Il s'agit d'une moyenne de 646 plaintes par année, soit légèrement plus que la moyenne de 621 enregistrée depuis 2007.

Un texte de Jean-Sébastien Cloutier

C'est ce que révèlent des documents obtenus par Radio-Canada en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Comme une plainte comporte souvent plus d'un aspect, c'est 2505 plaintes au total qui ont été traitées en deux ans et demi. De ces plaintes, 58 % concernent le comportement des chauffeurs, alors que le manque de courtoisie (13 %) et le manque de civisme et conduite indigne (6 %) sont en tête des fautes.

« À un moment donné, le chauffeur a répondu à son cellulaire et il le tenait dans sa main en face de lui en continuant de parler. La plaignante a dit au chauffeur d'être plus sécuritaire et celui-ci lui a dit : "Si vous n'êtes pas contente, vous n'avez qu'à débarquer!" De plus, l'intérieur était très sale. »

— Extrait d'une des plaintes

Autres plaintes qui reviennent souvent : avoir réclamé un prix autre que les taux et tarifs en vigueur (5 %) et avoir enfreint le code de la sécurité routière (5 %).

« Dépassement par la droite, vitesse trop rapide, conduite sans la ceinture de sécurité, conduite en écrivant sur son écran tactile, sans compter qu'il roulait fenêtres grandes ouvertes sans se soucier de notre confort. Étant en tarif fixe entre l'aéroport et le centre-ville, cet homme ne cherche qu'à faire de l'argent sans se soucier de la mise en danger de ses clients. »

Le responsable des transports à la Ville de Montréal, Aref Salem, admet qu'il y a des lacunes à corriger chez les quelque 11 600 chauffeurs et 4800 voitures de taxi montréalais. La nouvelle politique du taxi rendue publique en août prévoit d'ailleurs plus d'encadrement et de formation pour les chauffeurs ainsi que l'ébauche d'une norme professionnelle.

« On aimerait au moins former ces chauffeurs pour qu'ils soient nos ambassadeurs. Ce sont les ambassadeurs de tous les Montréalais. C'est le premier contact qui se fait avec des touristes à l'aéroport, au port, au Palais des congrès [...] Donc on aimerait que cette industrie soit rayonnante et que ce soit une fierté pour les gens qui sont dans cette industrie », indique Aref Salem.

Le président de Taxi Diamond, Dominique Roy, se réjouit quant à lui de cet aspect de la nouvelle politique.

« Vous savez, la formation est vraiment de base actuellement et il n'y a pas d'encadrement vraiment pour les chauffeurs de taxi. [...] Ça doit être encadré dans la formation des chauffeurs simplement, et encadré à l'intérieur d'une norme claire. »

— Dominique Roy, président de Taxi Diamond

Quant à l'état et à la propreté des véhicules, cela représente 5,4 % des 2505 plaintes.

« Ce taxi est une poubelle, ce qui n'est pas peu dans une ville avec une flotte de taxis en état aussi lamentable. Les sièges sont défoncés, la suspension est finie. L'état général du véhicule est pitoyable », peut-on lire dans la plainte d'un usager, qui dit prendre le taxi chaque semaine à Montréal.

Le président de Taxi Diamond rappelle à cet effet que les véhicules sont inspectés obligatoirement deux fois par année par la SAAQ, et qu'en outre, une voiture de plus de 10 ans ne peut plus être voiture de taxi à Montréal.

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