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Ebola: l'OMS modifie l'intervention de son personnel

09/09/2014 08:05 EDT | Actualisé 09/11/2014 05:12 EST

DAKAR, Sénégal - L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) apportera des modifications dans l'intervention de son personnel, qui est de plus en plus infecté par le virus Ebola.

Un deuxième employé de l'OMS, un médecin, a maintenant lui aussi été infecté, a fait savoir lundi l'agence onusienne de la santé. L'OMS n'a pas fourni plus de détails à ce sujet, mais l'hôpital américain Emory a accueilli mardi un quatrième Américain infecté par l'Ebola en Afrique de l'Ouest.

L'épidémie qui frappe la région a fait plus de 2200 morts. Le bilan est particulièrement lourd chez les travailleurs de la santé qui ont pour mission de soigner les victimes de la maladie.

Une porte-parole de l'OMS, Nyka Alexander, a révélé mardi que les quartiers du personnel déployé en Sierra Leone ont été agrandis pour qu'il n'ait plus à côtoyer les employés d'autres organisations humanitaires. Les méthodes de travail ont aussi été revues, notamment en ce qui concerne la vérification de la température des visiteurs aux installations de l'OMS.

Environ 250 des 4200 personnes infectées au Libéria, en Guinée, au Sierra Leone, au Sénégal et au Nigeria sont des travailleurs de la santé.

La principale émissaire de l'ONU au Libéria — où 500 nouvelles infections ont été recensées en une semaine — a indiqué que 160 travailleurs de la santé ont été infectés dans ce pays et que 80 sont morts depuis le début de l'épidémie. Karin Landgren a qualifié la situation de «peste moderne». Elle a expliqué au Conseil de sécurité, mardi, que plusieurs travailleurs n'ont pas l'équipement de protection nécessaire et que des rites funéraires impliquant une manipulation des cadavres ont mené à un nombre incalculable de morts inutiles.

Même l'organisation Médecins sans frontières, qui a été confrontée à des épidémies d'Ebola depuis des années sans n'avoir aucun cas dans ses rangs, a indiqué que six de ses travailleurs avaient été infectés. Or, une enquête suggère qu'ils auraient pu contracter la maladie à l'extérieur du travail.

L'Union africaine a annoncé mardi l'envoi d'une centaine de travailleurs de la santé pour combattre l'épidémie. L'Union européenne a promis de financer la mission à hauteur de 5 millions d'euros, au terme d'une rencontre d'urgence lundi. Le gouvernement américain fournira une aide de 10 millions $ US.

On ne sait pas quand les premières équipes arriveront, mais elles seront déployées au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée.

Des erreurs en cause?

«Des gens hautement entraînés sont infectés parce que le nombre de cas est supérieur au nombre de lits, a expliqué le docteur Jorge Castilla, un épidémiologiste de l'Union européenne. Quand il y a trop de patients, il y a trop à faire, on se fatigue et quand on est fatigués, on commet des erreurs.»

L'OMS a dit savoir comment ce deuxième employé a été infecté et qu'il ne s'agit pas d'un mécanisme de transmission nouveau.

«Si (l'équipement de protection) est porté correctement, il n'y a pas de risque d'infection, a dit le docteur David Heymann, de la London School of Hygiene and Tropical Medicine. Malheureusement, dans le cas de l'Ebola, une erreur peut être fatale.»

«Si on voit davantage d'infections, alors il faudra poser des questions sérieuses au sujet d'éventuelles erreurs», estime le professeur Michael Osterholm, qui conseille le gouvernement américain en matière de maladies infectieuses.

L'armée américaine a annoncé l'installation prochaine d'un hôpital de campagne de 25 lits au Libéria, spécifiquement pour traiter les travailleurs de la santé infectés. L'hôpital sera confié aux autorités libériennes une fois installé. De son côté, le Royaume-Uni ouvrira un centre de traitement de 62 lits en Sierra Leone d'ici quelques semaines.

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