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Après une frappe américaine, al-Shabab dévoile l'identité de son nouveau chef

09/09/2014 03:03 EDT | Actualisé 09/11/2014 05:12 EST

MOGADISCIO, Somalie - Le nouveau leader des rebelles somaliens extrémistes al-Shabab, Ahmad Umar, est décrit comme un chef efficace devant être en mesure de maintenir les attaques violentes du groupe islamique contre le gouvernement de Mogadiscio et d'autres cibles.

Umar devra cependant affronter une campagne renforcée contre les shebabs par le gouvernement somalien et les forces de l'Union africaine qui se rapprochent du dernier fief des rebelles, la ville de Barawe, dans le sud du pays. De plus, les États-Unis ont décapité le mouvement la semaine dernière avec des frappes aériennes ayant tué le précédent dirigeant, Ahmed Abdi Godane.

Ce nouveau commandant de la milice extrémiste prend ainsi le contrôle d'un groupe ayant cédé de vastes pans de territoire, et qui s'est tourné vers les attentats terroristes sur le territoire national et à l'étranger. Soi-disant quinquagénaire, Umar a grimpé les échelons du pouvoir à la suite d'une purge survenue l'an dernier au sein des détracteurs des leaders d'al-Shabab.

Au dire d'un agent des renseignements somaliens, Umar serait «charismatique», et disposerait d'un certain allant pour maintenir la puissance de Godane, pour sa part considéré comme un reclus communiquant principalement par radio.

Umar dispose de plusieurs alias, mais des responsables du Renseignement somalien disent le connaître sous le nom de Sheik Mahad Abdikarim, un militant ayant déjà gouverné la région somalienne de Bakool au nom des shebabs.

En 2012, les États-Unis ont offert une récompense de 3 millions $ US pour des informations menant à l'arrestation d'Umar. À l'époque, l'homme était considéré comme étant le chef des services de renseignement de la milice.

Le nouveau chef vouerait par ailleurs un intérêt particulier aux études de l'islam, et serait un ancien professeur d'études coraniques. Tout comme son défunt patron, il était aussi membre de l'Union des tribunaux islamiques, un groupe extrémiste précurseur des shebabs et qui a dirigé plusieurs parties de la Somalie, y compris la capitale, avant d'être évincé par des troupes éthiopiennes.

Umar est entré au sein du cercle rapproché de Godane alors que celui-ci était chef, et a coordonné les renseignements du groupe au moment où les shebabs multipliaient les attaques en Somalie et ailleurs, a précisé l'agent de renseignement somalien. L'an dernier, le groupe a attaqué un centre commercial du Kenya, tuant au moins 67 personnes.

L'an dernier, toujours, certains membres du groupe ont critiqué Godane et d'autres dirigeants pour leur style de vie exubérants alimenté par les impôts collectés auprès de Somaliens. Parmi les détracteurs, on trouvait le djihadiste américain de l'Alabama Omar Hammami. Umar aurait fait partie de l'équipe l'ayant poursuivi et abattu en septembre dernier.

Al-Shabab a été expulsé en 2011 de Mogadiscio, et le groupe s'est majoritairement retiré dans le sud de la Somalie où il a imposé son autorité en collectant des impôts et en décapitant ceux qui ne respectaient pas leur version rigoriste de l'islam. Lorsque la nomination d'Umar comme chef a été annoncée, al-Shabab a aussi dit qu'il demeurait lié à la nébuleuse terroriste al-Qaïda, selon le SITE Intelligence Group, qui surveille les déclarations des groupes islamiques.

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