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Un présumé fraudeur fait la promotion d'un détecteur de fatigue au volant

08/09/2014 01:37 EDT | Actualisé 08/09/2014 01:37 EDT
srgint.com

Un homme d'affaires québécois accusé d'avoir trompé des investisseurs tente d'attirer l'attention sur une invention similaire à celle dont il a déjà fait la promotion : un détecteur de fatigue au volant.

Un texte de Julie Vaillancourt

Lorsque Clément Proteau a vu un prototype du CRAM, en 2008, il a tout de suite acheté des actions de la compagnie ECT, Effective Control Transport, qui prétendait être sur le point de commercialiser l'invention.

« C'était un appareil qui analysait la pupille de l'œil quand un conducteur était sur le point de s'endormir au volant et qui l'avertissait. Je trouvais ça génial et les gens qui me l'ont présenté disaient que tous les constructeurs automobiles seraient intéressés à implanter ce système-là », raconte l'investisseur de Québec.

Mais le produit n'a jamais été mis en marché, la compagnie a fait faillite à la suite de démêlés judiciaires et M. Proteau a perdu les 100 000 $ qu'il avait investis dans la compagnie. En 2010, l'autorité des marchés financiers a déposé des accusations contre Raphaël Huppé, l'homme qui était à la tête d'ECT. Il vendait des actions de sa compagnie sans en avoir le droit. Un jugement doit d'ailleurs être rendu dans cette cause le 8 octobre.

Un nouveau détecteur de fatigue au volant?

Raphaël Huppé a cependant refait surface récemment et tente maintenant de promouvoir un autre système de détection de somnolence, le DADS. Cet été, lorsqu'une adolescente québécoise a perdu la vie dans un accident d'autobus en route vers New York, certains passagers ont affirmé que le conducteur s'était endormi.

C'est à ce moment que nous avons reçu un courriel nous invitant à faire « une entrevue avec Raphaël Huppé ». On nous disait qu'il mettait au point « le DADS, un système de détection de somnolence... qui sauvera des vies ». Or, nous avons découvert que la nouvelle compagnie pour laquelle travaille M. Huppé, Intercore, tente de recruter des investisseurs afin de les inciter à acheter des titres de la compagnie.

Intercore a publié quelques communiqués depuis le printemps dans lesquels elle rappelle que certains accidents routiers sont survenus récemment à cause de la fatigue au volant. La compagnie prend bien soin de rappeler au passage qu'elle est à la veille de commercialiser son nouveau produit.

Des actions négociées sur un marché peu réglementé

Pendant ce temps, la compagnie Intercore offre ses titres sur une bourse électronique très peu réglementée qu'on surnomme les « pink sheets ».

Raphaël Huppé faisait la même chose, il y a quatre ans, lorsqu'il faisait la promotion du CRAM , le premier système censé enrichir les investisseurs comme Clément Proteau et une centaine d'autres Nord-Américains qui ont perdu leur investissement initial dans la compagnie. La GRC accuse Raphaël Huppé d'avoir détourné 4 millions de dollars en manipulant les marchés financiers pour promouvoir la vente des titres d'ECT.

« M. Huppé aurait émis de fausses informations sur les communiqués de presse concernant sa compagnie », explique Christian Sabourin, porte-parole de la GRC qui ajoute : « Pendant ce temps, la compagnie ECT était publique, n'importe quel investisseur derrière son ordinateur pouvait réagir sur les nouvelles qui étaient publiées par la compagnie et acheter ou vendre des actions ».

Les procédures criminelles à ce sujet s'amorcent le 19 septembre au palais de justice de Montréal. Quant à Raphaël Huppé, qui voulait tant faire la promotion de son produit auprès des médias cet été, il ne veut plus accorder d'entrevue tant que le processus judiciaire sera en cours.

La commercialisation du DADS, prévue en septembre, semble maintenant reportée.

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