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Ultimes tractations pour la formation du gouvernement irakien

08/09/2014 05:57 EDT | Actualisé 08/09/2014 05:58 EDT
TAUSEEF MUSTAFA via Getty Images
Kashmiri demonstrators hold up a flag of the Islamic State of Iraq and the Levant (ISIL) during a demonstration against Israeli military operations in Gaza, in downtown Srinagar on July 18, 2014. The death toll in Gaza hit 265 as Israel pressed a ground offensive on the 11th day of an assault aimed at stamping out rocket fire, medics said. AFP PHOTO/Tauseef MUSTAFA (Photo credit should read TAUSEEF MUSTAFA/AFP/Getty Images)

D'ultimes tractations se tenaient lundi en Irak pour la formation d'un nouveau gouvernement appelé à représenter toutes les communautés, deux jours avant la présentation du "plan d'action" de Barack Obama pour lutter contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI).

Une importante étape politique pourrait être franchie à l'occasion de la réunion du Parlement, soumis à de fortes pressions pour approuver l'équipe du premier ministre désigné Haïdar Abadi.

Son prédécesseur Nouri al-Maliki, au pouvoir depuis 2006, avait été accusé par ses détracteurs d'avoir contribué à la montée en force de l'EI, en menant une politique autoritaire excluant la minorité sunnite dans un pays majoritairement chiite.

M. Abadi, désigné le 11 août par le président Fouad Massoum, avait annoncé samedi sur son compte Twitter que la formation du gouvernement était à son "stade final". La liste doit être soumise au Parlement en soirée.

"Je m'attends à des changements jusqu'à la dernière minute", a indiqué Samira al-Moussawi, une députée de la coalition de l'Etat de droit de M. Maliki.

Elle a fait état de "divergences sur (...) des postes tels que ceux des vice-Premiers ministres ou ceux de ministères clé, comme la Défense ou l'Intérieur".

La communauté internationale attend beaucoup du nouveau gouvernement, qui aura la lourde tâche d'enrayer les avancées des jihadistes qui se sont emparés depuis début juin de larges pans du territoires au nord de Bagdad en mettant en déroute les forces de l'ordre complètement dépassées.

Pour aider l'armée fédérale et les forces kurdes à regagner le terrain perdu, les Etats-Unis ont lancé début août des raids contre des positions de l'Etat islamique (EI) dans le nord du pays, leur reprenant notamment le barrage de Mossoul, le plus grand du pays.

- Kerry attendu dans la région -

Mais c'est véritablement la décapitation par l'EI des journalistes James Foley et Steven Sotloff enlevés en Syrie, pays où le groupe est également très actif, qui a alarmé la communauté internationale et l'a poussée, Etats-Unis en tête, à envisager une coalition face à l'EI.

Le président américain a annoncé dimanche qu'il présenterait mercredi un "plan d'action" contre l'EI, qui ne comprendra pas l'envoi de troupes au sol.

En fin de semaine lors du sommet de l'Otan au Pays de Galles, Barack Obama avait pu rallier de nombreux pays occidentaux et la Turquie à son projet de coalition contre l'EI.

Les pays de la Ligue arabe se sont aussi accordés dimanche à "prendre les mesures nécessaires pour affronter les groupes terroristes", dont l'EI, "au plan politique, idéologique et sécuritaire".

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry est attendu dans les prochains jours au Moyen-Orient pour sonder les partenaires régionaux des Etats-Unis.

Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel était lui attendu lundi à Ankara, pour une visite qui devrait être centrée sur les moyens de lutter contre l'EI.

- 'Anéantissement' -

Sur le terrain, deux kamikazes ont fait exploser lundi à Dhoulouiya, au nord de Bagdad, leurs véhicules bourrés d'explosifs tuant au moins 10 personnes, selon des sources policières et médicale. L'EI, qui contrôle une partie de la ville, est familier de ce type d'attentat.

Les avions de combat américains ont étendu ce week-end leur zone de frappes pour la première fois dans la province à majorité sunnite d'Al-Anbar (ouest), contrôlée partiellement par l'EI. Mettant à profit ces raids, les forces irakiennes appuyées par des tribus sunnites ont lancé une vaste offensive dans la région de Haditha contre l'EI qui menace un barrage vital.

Alors que l'EI contrôle aussi de larges secteurs en Syrie voisine, la question d'une éventuelle intervention étrangère dans ce pays reste en suspens car les Occidentaux excluent pour le moment toute coopération avec le régime.

Le nouvel émissaire de l'ONU, Staffan de Mistura, est attendu mardi à Damas pour sa première visite en Syrie après sa nomination. Son prédécesseur Lakhdar Brahimi avait jeté l'éponge après avoir échoué à faire négocier régime et opposition.

Le nouveau Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, le Jordanien Zeid Ra'ad al-Hussein, a dénoncé lundi la mentalité des jihadistes, estimant que pour eux il n'y avait "que l'anéantissement de tous les musulmans, des chrétiens, des juifs et (...) du reste de l'humanité".

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