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Lisée suggère d'écarter la tenue d'un référendum et critique le plan Drainville

08/09/2014 01:00 EDT | Actualisé 08/11/2014 05:12 EST

QUÉBEC - La démarche référendaire suggérée par le député Bernard Drainville est vouée à l'échec, pense son collègue et adversaire potentiel dans la course à la direction du Parti québécois, Jean-François Lisée.

À moins d'un changement soudain de conjoncture, le député de Rosemont estime que le PQ devrait, à l’élection de 2018, exclure à la fois la tenue d'un référendum durant le mandat et toute action du gouvernement visant à préparer une nouvelle campagne référendaire. Bref, si les astres ne s'alignent pas, le Parti québécois doit se limiter à promettre «un bon gouvernement».

«C'est ma lecture de la situation aujourd'hui. S'il y avait une élection l'an prochain, ce serait ma lecture. Maintenant, quelle sera la situation un an avant l'élection? On lira la situation à ce moment-là et d'ici là, notre travail est de faire en sorte (comme parti) qu'il y ait beaucoup plus d'indépendantistes qu'aujourd'hui», a déclaré M. Lisée, lundi, en entrevue à La Presse Canadienne.

Prudent, il ne ferme pas totalement la porte à un référendum puisque la conjoncture pourrait changer du tout au tout d'ici quelques années. À son avis, la décision finale «sur la place qu’occupera, ou non, la souveraineté» lors du scrutin, devrait être tranchée «un an avant l’échéance électorale».

L'élu péquiste s'inscrit en faux contre le «plan» Drainville qui propose de mettre la machine gouvernementale _ donc les fonds publics _ au service de la souveraineté dès le retour au pouvoir du PQ, souhaité pour 2018, en prévision de tenir un nouveau référendum tôt dans un deuxième mandat, en 2023.

Il ne croit pas aux chances de succès d'une telle démarche en deux temps.

«Si les Québécois ne sont pas prêts à faire la souveraineté, ils ne sont pas prêts à préparer la souveraineté, ces choses-là vont ensemble. Moi, je pense que dans la situation actuelle, les Québécois refuseraient de donner ce mandat, parce qu'il n'y a pas suffisamment de goût de l'indépendance au Québec en ce moment pour avoir un mandat comme celui-là», a affirmé le député montréalais.

M. Lisée trouve aussi que le recours aux fonds publics pour promouvoir la souveraineté durant un premier mandat, comme le préconise M. Drainville, n'est pas une idée très porteuse, du moins dans le contexte actuel.

«Au moment où on se parle, je pense que les Québécois sont réfractaires à ce que le gouvernement soit mis au service de notre option. Je le déplore mais c'est la réalité», a-t-il dit­.

Le député est plutôt d'avis que le PQ doit prendre acte du message de la dernière élection générale, c'est-à-dire reconnaître que les Québécois ont rejeté non seulement l’ambivalence, mais «tout procédé qui les entraînerait sur le chemin d’un référendum à court terme».

À ses yeux, il vaut mieux offrir aux Québécois un «bon gouvernement» pour renvoyer les libéraux dans l'opposition et faire progresser le Québec dans les domaines sensibles que sont la langue, l'éducation, la recherche, l'économie et l'agriculture.

«On va gouverner, on va bâtir la nation comme un bon gouvernement du Parti québécois, parce que quand les libéraux sont au pouvoir, ils débâtissent la nation», a-t-il argué, citant le peu d'enthousiasme des libéraux pour la défense du français et le rayonnement international de même que les efforts supposément investis par le gouvernement Couillard pour rendre le Québec «plus semblable à la moyenne canadienne».

La bonne gouvernance ne signifie pas renoncer à la souveraineté, bien au contraire, s'est défendu M. Lisée. Mais il y a des moments où, selon lui, «il faut savoir gérer le temps».

«Arrivera un moment, le plus vite possible car je suis évidemment pressé de faire l'indépendance, mais je ne suis pas pressé de me faire dire non encore une fois par l'électorat», a-t-il dit.

M. Lisée est le deuxième candidat éventuel à la succession de Pauline Marois à faire part de son plan match en prévision du retour au pouvoir du PQ. Il met au défi tous les autres aspirants, notamment Pierre Karl Péladeau, Alexandre Cloutier, Sylvain Gaudreault, Martine Ouellet et Véronique Hivon, de se commettre dès maintenant sur l'enjeu référendaire.

«C'est important d'être transparent, sincère, authentique avec les militants, avec les membres, en début de processus, parce que je ne veux pas qu'il y ait un malentendu. La pire chose qui pourrait arriver, c'est qu'un candidat reste vague, devienne chef et avant l'élection annonce subitement qu'il ne veut pas de mandat référendaire. Non, non, non, c'est maintenant qu'il faut dire si cette possibilité est envisageable ou non», a insisté le député.

«Les Québécois nous ont demandé de ne pas rester vagues, les militants et les membres ont droit aussi à ce qu'on ne reste pas vagues», a-t-il ajouté.

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