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Les Atikamekw veulent obtenir la cogestion du développement sur leur territoire

08/09/2014 03:30 EDT | Actualisé 08/11/2014 05:12 EST

QUÉBEC - La Nation Atikamekw a déclaré lundi sa souveraineté sur un territoire de 80 000 km carrés, où tout développement devra recevoir l'autorisation de ses représentants.

Les autochtones des communautés de Manawan, Opitciwan et Wemotaci, au nord de Trois-Rivières, ne prévoient aucune sécession du territoire.

Forts d'un jugement de la Cour suprême qui a reconnu les droits ancestraux d'autochtones de la Colombie-Britannique, en juin dernier, les Atikamekw veulent avoir leur mot à dire sur les projets situés dans le Nitaskinan.

Le grand chef de la Nation Atikamekw, Constant Awashish, a déclaré que des négociations territoriales en cours depuis 35 ans avec les gouvernements n'ont rien donné.

M. Awashish a expliqué que les membres élus de la nation autochtone ont adopté lundi une déclaration unilatérale de souveraineté pour faire valoir leur droit à l'autonomie gouvernementale sur le Nitaskinan.

Les entreprises qui voudront avoir des activités sur le territoire devront se soumettre à une cogestion avec les autochtones, a expliqué le grand chef lors d'une conférence de presse.

«Il est fini le temps des négations des droits non cédés par les Atikamekw au profit d'un État qui impose ses règles comme si ces droits n'existaient pas, a-t-il dit. Notre juridiction, nos règles et nos conditions devront désormais être respectées.»

Durant l'été 2012, en Haute-Mauricie, les Atikamekw d'Opitciwan avaient bloqué à deux endroits le chemin d'accès reliant leur communauté à la route 167, perturbant les activités de trois entreprises forestières.

Les Atikamekw souhaitaient un cogestion du territoire, l'accès aux ressources naturelles et des redevances sur la gestion des ressources.

Le blocus avait été levé et une entente de principe avait été conclue fin août 2012, sans que la question des redevances soit toutefois réglée.

Lundi, le chef du conseil de bande de Wemotaci, David Boivin, a affirmé que la situation a changé depuis la décision de la Cour suprême, qui a permis aux six bandes de la Première Nation britanno-colombienne Tsilhqot'in, qui compte 3000 membres, d'obtenir la gestion d'un territoire de plus de 1750 km carrés.

«Cette décision procure certainement la possibilité, aux Premières Nations comme la nôtre, d'adopter une position plus ferme pour tout projet qui pourrait être envisagé sur le territoire où on détient un titre ancestral, que celui-ci soit reconnu ou non par le gouvernement», a-t-il dit.

Dans sa déclaration, la Nation Atikamekw affirme qu'elle maintient sa souveraineté sur le Nitaskinan, légué par ses ancêtres, depuis des temps immémoriaux.

Les représentants Atikamekw n'ont pas exclu le recours aux tribunaux ou les blocus mais ils privilégient la négociation avec le gouvernement.

«Ce que nous voulons c'est nous faire entendre et nous faire reconnaître, a dit le grand chef Awashish. On verra comment réagira le gouvernement et on décidera des actions qu'il faudra prendre, mais c'est sûr qu'il y a plusieurs moyens qu'on peut utiliser.»

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