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Le gouvernement haïtien exigera un permis des enseignants

08/09/2014 03:00 EDT | Actualisé 08/11/2014 05:12 EST

PORT-AU-PRINCE, Haïti - Le gouvernement haïtien a promis lundi, jour de rentrée scolaire en Haïti, qu'il assurerait que les enfants du pays aient un accès à une meilleure éducation.

Le ministère de l'Éducation commencera par exiger de tous les enseignants qu'ils passent un examen et soient certifiés pour rester dans les salles de classe du pays, où les taux d'analphabétisme et de décrochage sont très élevés.

Le ministre de l'Éducation, Nesmy Manigat, a affirmé que tous les professeurs obtiendraient un permis provisoire de deux ans afin de leur donner le temps de se préparer à l'examen et de le passer.

Ceux qui ne l'auront pas réussi après deux ans n'auront plus le droit d'enseigner.

Selon le ministre, le gouvernement souhaite former une nouvelle génération d'enseignants. Il a ajouté que l'un des plus grands problèmes du secteur de l'éducation en Haïti est le manque de professeurs proprement formés.

Le gouvernement couvrira les coûts de la formation et de l'examen, a précisé M. Manigat. Cet examen indiquera au gouvernement le nombre d'enseignants au pays, où ils se trouvent et quel est leur niveau de compétence.

Jusqu'à maintenant en Haïti, on n'exigeait pas de diplôme ou de formation des enseignants.

Josue Merilien, représentant du syndicat national des enseignants, a affirmé que ses membres appuyaient cette mesure, qui assurera aux éducateurs les compétences dont ils ont besoin.

Le ministère de l'Éducation souhaite aussi s'attaquer aux centaines d'écoles à vocation et de collèges non certifiés. Les députés prévoient débattre sur un projet de loi qui permettrait de les faire fermer s'ils ne se plient pas aux exigences de la loi.

Vêtus de leurs nouveaux uniformes immaculés, les enfants entraient dans les écoles de la capitale, lundi. L'ambiance était festive dans certains établissements. Dans une école, des écolières arboraient des rubans écarlates dans leurs cheveux pour la cérémonie du drapeau du premier jour.

Le système d'éducation du pays a souffert durant des décennies de l'instabilité politique, de la pauvreté et du séisme dévastateur de 2010. Environ 30 pour cent des jeunes sont analphabètes et les parents de la moitié des enfants seulement ont les moyens d'envoyer ceux-ci à l'école primaire, avance l'UNICEF. Moins du quart vont à l'école secondaire.

Le ministère a récemment annoncé un investissement de quelque 13 millions $ dans des livres et des fournitures scolaires pour cette année. Malgré cela, beaucoup d'élèves doivent encore couvrir eux-mêmes les coûts de leurs livres, en totalité ou en partie. Le ministère a également mis en place un programme de repas dans les écoles qui aidera à nourrir 800 000 enfants.

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