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Écosse: le camp du non à l'indépendance tente de rattraper son retard

08/09/2014 12:30 EDT | Actualisé 08/09/2014 12:30 EDT
Jeff J Mitchell via Getty Images
DUNDEE, SCOTLAND - AUGUST 27: Yes and Better Together supporters exchange views with one another as Jim Murphy Shadow Secretary of State for International Development (not seen), speaks on his soapbox during his '100 Towns in 100 Days' tour on August 27, 2014 in Dundee, Scotland. Mr. Murphy, Labour MP, is touring Scotland on behalf of the Better Together, spreading his message about the benefits of Scotland remaining part of the union and informing the public of the risks that independence poses for the country. (Photo by Jeff J Mitchell/Getty Images)

Quartiers quadrillés, distributions de tracts, argumentaires rodés : à Aberdeen, sur la côte orientale de l'Ecosse, les partisans du non à l'indépendance passent de maison en maison pour tenter d'inverser la progression du oui à dix jours du référendum.

Le petit groupe s'est retrouvé au coin d'une rue étroite d'Aberdeen, surnommée la "cité de granite" en raison de ses nombreuses constructions en roche grise.

Ils sont cinq, équipés de sacs ou de badges signés "No thanx" (non merci), un des slogans de ralliement des opposants à l'indépendance.

Rob Walker, le chef d'équipe, distribue des tracts à ses troupes et répartit rues et maisons. Le temps presse pour le camp du non: un sondage publié dimanche place pour la première fois le oui à l'indépendance en tête des intentions de vote.

"Je ne pense pas que le oui finira par l'emporter, mais je suis quand même inquiet", confie Willy Primrose, 62 ans, un des membres de la petite équipe, en se disant fier d'"être Écossais au sein du Royaume-Uni".

La première maison leur sourit: "Moi? je suis définitivement en faveur du non", explique son occupant, Peter Lewis, un cadre travaillant dans le pétrole, secteur qui a fait la fortune de cette ville grâce aux gisements de la mer du Nord.

"Je crois qu'il est un peu tard pour s'intéresser à cette question, qui aurait pu se poser il y a des années. Nous sommes dans un des meilleurs pays au monde, alors pourquoi devrions-nous le casser?", dit-il sur le pas d'une grande résidence.

L'équipe progresse maison par maison, glisse des tracts dans les boîtes aux lettres, sans perdre le temps de frapper aux quelques portes où sont accrochés des drapeaux écossais barrés de la mention "Yes", un des sigles indépendantistes.

Leur principale cible, ce sont les indécis, ceux qui feront pencher la balance dans un scrutin qui s'annonce serré.

-La chasse aux indécis-

"Est-ce que vous avez décidé si vous allez voter oui ou non?", demande Connie Hadden à Michael Lattin, 64 ans, résident d'un grand immeuble de la ville.

"Non, je ne sais toujours pas", répond-il.

"L'indépendance est une idée séduisante en apparence", répond Mme Hadden sur un ton engageant, sourire aux lèvres.

"Mais songez à la défense, aux allocations. Ce sont deux domaines qui coûtent excessivement cher, et il est bien plus profitable de les partager", dit-elle en invitant son interlocuteur à faire la promotion du non autour du lui.

Au hasard des portes, l'équipe tombe également sur des partisans du oui, ou sur des comportements qui ne laissent guère place au doute, comme lorsqu'un tract à peine glissé dans la fente d'une boîte aux lettre en ressort aussitôt avec violence...

"Je vais voter oui, pour que nous puissions avoir plus de pouvoir, plus de contrôle sur ce que nous, l'Écosse, voulons", dit Nathan Inkster, un lycéen de 17 ans qui pourra prendre part à la consultation, l'âge minimum pour voter ayant été abaissé à 16 ans.

Et quant aux difficultés économiques que pourrait rencontrer une Écosse coupée de la puissante capitale britannique Londres, il les balaie. "Je ne pense pas que ce sera plus difficile", dit-il. "Nous avons le pétrole, nous avons les gens (pour réussir). C'est juste qu'on ne nous a jamais donné la chance", ajoute-t-il.

"Ce n'est pas seulement le pétrole", renchérit Ian Wark, 65 ans, autre ardent défenseur de l'indépendance.

"Nous avons aussi l'élevage bovin, le whisky. Nous sommes un pays riche avec une population relativement peu nombreuse. Et si on remonte nos manches, on pourra y arriver".

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