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Ebola: le Sénégal ouvrira un corridor humanitaire

08/09/2014 10:55 EDT | Actualisé 08/11/2014 05:12 EST

ADDIS ABEBA, Éthiopie - Les fermetures de frontières, les interdits de vol et les quarantaines de masse créent un état de siège dans les pays d'Afrique de l'Ouest affectés par l'épidémie du virus d'Ebola, ont indiqué lundi des dirigeants de l'Union africaine, au moment où le Sénégal annonçait l'ouverture d'un corridor humanitaire pour permettre le passage de l'aide humanitaire sur son territoire.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a quant à elle prévenu, lundi, que des milliers de nouvelles infections sont à prévoir au Libéria au cours des prochaines semaines.

La pire épidémie d'Ebola de l'histoire a jusqu'à présent fait plus de 2000 morts, et les responsables de la santé publique préviennent qu'elle échappe à tout contrôle. Ils ont toutefois aussi condamné certaines des mesures les plus musclées adoptées pour freiner la progression de la maladie, affirmant que les fermetures de frontières nuisent à la réponse en bloquant les cargaisons d'aide.

Ils notent aussi que, dans une région comme l'Afrique de l'Ouest où il est facile de franchir les frontières en douce, la fermeture des postes frontaliers officiels est habituellement inefficace. L'épidémie actuelle d'Ebola a éclaté en Guinée et s'est rapidement propagée au Libéria et à la Sierra Leone.

Le Nigeria et le Sénégal ont aussi été infectés par des voyageurs malades.

L'Ebola se propage par contact avec les fluides corporels d'une personne infectée. L'OMS recommande un simple tri des visiteurs pour répérer ceux qui présenteraient des symptômes inquiétants, au lieu de vastes interdictions de déplacements.

Plusieurs pays de la région font toutefois fi de ce conseil. Le Sénégal, par exemple, a fermé sa frontière avec la Guinée et suspendu les vols depuis la Sierra Leone et le Libéria. Le ministère sénégalais de la Santé a néanmoins annoncé, lundi, l'ouverture d'un «corridor humanitaire» en direction des pays touchés.

Aucun autre détail n'a été fourni et on ne sait pas quand des gens et des biens commenceront à circuler vers les trois pays les plus durement touchés.

Les agences humanitaires aimeraient transformer la capitale sénégalaise, Dakar, en plaque-tournante pour dépêcher des travailleurs et des marchandises vers ces trois pays.

«Les efforts pour protéger les zones qui n'ont pas été touchées sont correctes, mais ils ne doivent pas alimenter l'isolation ou mener à la stigmatisation des victimes, des communautés et des pays, a dit Nkosazana Dlamini Zuma, le président de la Commision de l'Union africaine qui se rencontrait lundi à Addis Abeba, en Éthiopie, pour discuter d'une réponse à la crise. Nous devons témoigner de notre solidarité envers ceux qui sont les plus durement touchés pour aider leurs institutions à répondre à leurs défis.»

L'armée américaine a annoncé l'installation prochaine d'un hôpital de campagne de 25 lits au Libéria, spécifiquement pour traiter les travailleurs de la santé infectés. L'hôpital sera confié aux autorités libériennes une fois installé. De son côté, le Royaume-Uni ouvrira un centre de traitement de 62 lits en Sierra Leone d'ici quelques semaines.

On compte actuellement environ 570 lits dans les centres de traitement de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone, mais l'OMS prévient que près d'un millier d'autres lits sont nécessaires, surtout au Libéria.

L'Union africaine a promis d'envoyer des travailleurs de la santé, mais on ne sait pas s'il y aura suffisamment de vêtements de protection pour tout le monde. Les médecins et les infirmières sont à fort risque d'infection en raison de leurs contacts étroits avec les malades. Plusieurs dizaines d'entre eux ont été infectés depuis le début de l'épidémie.

Certains pays ont aussi placé en quarantaine des quartiers ou des villes entières. Ces mesures empêchent toutefois les fermiers de cultiver leurs champs, et l'ONU a prévenu que 1,3 million d'habitants des secteurs isolés risquent d'avoir besoin d'une aide alimentaire.

Le vice-président du Libéria, Joseph Nyumah Boakai, a dit croire que les autorités commencent à prendre le dessus, maintenant que la population saisit la gravité de la crise et se fait moins réfractaire aux traitements. Au Nigeria, les autorités surveillent l'état de 477 personnes qui ont été en contact avec des gens infectés à Port Harcourt, dans le sud du pays.

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