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CEIC: le maire de Terrebonne serait allé 2 fois sur Le Touch de Tony Accurso

08/09/2014 03:58 EDT | Actualisé 08/11/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Le maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, serait allé deux fois sur le bateau de l'entrepreneur Antonio Accurso, en 2006 et 2008, a-t-on appris lundi à la Commission Charbonneau.

À l'occasion de la cinquième journée de témoignage de l'entrepreneur, la commission s'est attardée à la vente de terrains situés dans la ville de Terrebonne, une pépinière. Ces quelque 12 000 000 de pieds carrés, zonés agricole, étaient destinés à être développés.

Les terrains appartenaient d'abord à la Solim, le bras immobilier du Fonds de solidarité de la FTQ, depuis novembre 2005. Il y a ensuite eu un partenariat entre la Solim et M. Accurso.

Quand le Fonds s'est désengagé des dossiers de M. Accurso, celui-ci en est devenu propriétaire en août 2010. Il l'est encore aujourd'hui et ces terrains ne sont toujours pas dézonés.

La procureure chef Sonia Lebel a souligné que ces terrains étaient «zonés blanc», c'est-à-dire une forme de zonage agricole pour lequel la municipalité a son mot à dire.

Elle a voulu savoir si le fait que le maire Robitaille avait séjourné sur son bateau, en février 2006 et mars 2008, avait un lien avec sa volonté de voir ces terrains dézonés, pour pouvoir y faire du développement immobilier.

«Ça n'a rien à voir avec le terrain», a-t-il répondu.

M. Robitaille était venu sur son bateau à l'invitation de l'entrepreneur de Mascouche Normand Trudel, un ami de M. Accurso, a-t-il précisé.

«2006 et 2008, on est rendu en 2014. Ça fait six ans après et huit ans après le premier voyage. Si j'avais discuté de ça, je pense, et si ça avait été une demande que j'avais faite, et que lui voulait l'accepter, je pense que ça fait longtemps que ça aurait été fait. Mais ce n'est pas le cas», a objecté M. Accurso.

Me Lebel lui a suggéré que le séjour sur Le Touch du maire Robitaille «n'était pas pour faire dézoner le terrain mais contrôler le moment où le dézonage serait fait pour vous avantager».

M. Accurso a rejeté cette thèse. «Un maire ne contrôle pas la planète», s'est-il exclamé, ajoutant que ce n'est pas un simple maire qui peut changer le zonage à lui seul, puisque l'Union des producteurs agricoles et différents ministères ont aussi leur mot à dire.

En novembre 2013, le maire Robitaille avait diffusé un communiqué dans lequel il confirmait s'être rendu sur le bateau de M. Accurso, mais il ne faisait référence qu'à une seule occasion.

Le maire niait qu'il s'agissait de «vacances planifiées et payées par Tony Accurso». Il avait ajouté qu'il s'agissait plutôt de «vacances personnelles planifiées et amorcées avec sa conjointe» à Saint-Thomas. «Nous y avons rencontré dans un lieu public Normand Trudel et Tony Accurso», avait-il précisé. Puis ils avaient ensuite été invités «à passer un moment avec eux sur le bateau» de M. Accurso, avait-il soutenu.

En milieu d'après-midi, lundi, la Ville de Terrebonne a diffusé un communiqué, dans lequel elle affirme que les propos entendus à la commission plus tôt dans la journée «portent faussement et injustement préjudice au maire ainsi qu'à la municipalité».

La Ville ajoute qu'elle a mandaté ses procureurs «afin d'analyser juridiquement tout ce qui a été mentionné» et qu'en conséquence, elle ne fera pas d'autres commentaires.

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