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L'Estonie accuse la Russie d'enlèvements sur son territoire

06/09/2014 10:57 EDT | Actualisé 06/09/2014 11:00 EDT
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SAINT PETERSBURG - SEPTEMBER 05: Russian President Vladimir Putin at the G20 summit on September 5, 2013 in St. Petersburg, Russia. The G20 summit is expected to be dominated by the issue of military action in Syria while issues surrounding the global economy, including tax avoidance by multinationals, will also be discussed duing the two-day summit. (Photo by Sasha Mordovets/Getty Images)

Des agents « venus de Russie » sont entrés en territoire estonien et ont enlevé un policier qui travaillait près de la frontière, vendredi, dénonce l'état-major de l'Estonie.

Les agents russes, qui ne portaient aucun insigne sur leurs vêtements, auraient brouillé les communications radio du poste transfrontalier de Luhamaa, lancé des grenades fumigènes pour ensuite enlever le policier estonien, le menaçant à la pointe d'un fusil, a affirmé Gita Kalmet, ambassadrice de l'Estonie au Canada en entrevue à CBC.

De son côté, la Russie affirme plutôt que le policier estonien se trouvait déjà du côté russe lorsqu'il a été arrêté.

L'homme, qui se nomme Eston Kohver, est considéré comme un espion par les services russes de sécurité (FSB). « Un pistolet Taurus avec des munitions, 5000 euros en liquide, du matériel d'écoute clandestine et des documents qui apportent la preuve d'une mission de renseignement ont été saisis sur l'intrus », indique le FSB.

Cet incident survient le même jour que la conclusion du sommet de l'OTAN, qui s'est soldé par la mise sur pied d'une force de réaction rapide de 5000 hommes baptisée « Fer de lance » qui visera à protéger les pays d'Europe de l'Est face aux ambitions expansionnistes de la Russie en Ukraine. Le Canada n'en fera toutefois pas partie.

Deux jours plus tôt, le président américain Barack Obama a réitéré son engagement à assurer la sécurité des pays baltes.

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Coïncidence?

Pour Mme Kalmet, le moment de l'agression n'est pas anecdotique et l'enlèvement doit être vu comme « une démonstration que les provocations russes ont commencé ».

Elle ne croit toutefois pas que l'Estonie connaîtra le même sort que l'Ukraine, étant donné son statut d'État membre de l'OTAN.

« Ne sautons pas aux conclusions », a réagi le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird, qui dit vouloir éviter l'escalade, mais qualifie lui aussi l'événement de « provocation » de la part de Moscou.

L'Estonie, un ancien pays membre de l'URSS, se montre vivement préoccupée par l'implication de la Russie dans le conflit en Ukraine, et plus particulièrement depuis l'annexion de la Crimée en mars dernier.

Le quart des habitants de l'Estonie sont russophones.

Vladimir Poutine