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Le président Barack Obama retarde l'imposition de mesures sur l'immigration

06/09/2014 10:58 EDT | Actualisé 06/11/2014 05:12 EST

WASHINGTON - Le président des États-Unis Barack Obama a décidé d'attendre après les élections de mi-mandat, en novembre, avant de prendre des mesures officielles au sujet de l'immigration, revenant ainsi sur son engagement d'agir avant la fin de l'été.

Cette décision a provoqué la colère de groupes militant pour la réforme de l'immigration tout en rassurant certains candidats démocrates qui seront vulnérables le jour de l'élection.

Deux sources à la Maison-Blanche ont précisé que le président croit qu'imposer une décision à ce sujet en pleine campagne de mi-mandat politiserait l'enjeu et nuirait à toute tentative future de faire adopter une réforme de l'immigration.

Selon ces mêmes sources, qui ont fait ces révélations sous le couvert de l'anonymat avant l'annonce officielle par le gouvernement, M. Obama a pris cette décision vendredi, alors qu'il rentrait à Washington après le sommet de l'OTAN, au Pays de Galles.

Barack Obama prévoit malgré tout prendre des mesures officielles avant la fin de l'année, selon les employés de la Maison-Blanche.

Lors d'un discours présenté le 30 juin, le président avait déclaré avoir demandé à son secrétaire à la Sécurité intérieure Jeh Johnson et à son procureur général Eric Holder de lui faire des recommandations de mesures officielles d'ici la fin de l'été. Il avait également promis d'adopter ces recommandations sans aucun délai.

Barack Obama subit des pressions de la part de groupes militant pour différents enjeux liés à l'immigration et de démocrates vulnérables qui craignent que l'adoption imminente de nouvelles mesures ne donne des munitions à l'opposition républicaine.

Les conseillers du président ne croyaient pas au départ que des mesures présidentielles auraient des répercussions sur les élections. Mais selon les sources de la Maison-Blanche, les discussions au sujet du meilleur moment pour les imposer se sont multipliées au cours des dernières semaines.

Ultimement, les conseillers ont tiré leurs leçons de 1994, lorsque le projet de loi sur le contrôle des armes à feu a été blâmé pour la défaite de candidats démocrates et l'idée d'une réforme plus large du contrôle des armes à feu a ainsi été mise de côté. Les conseillers de Barack Obama ont donc jugé que si les mesures prises par le président au sujet de l'immigration en venaient à être blâmées pour des défaites électorales, il sera plus difficile de faire adopter une réforme plus large dans l'avenir.

Des militants pour une réforme de l'immigration ont manifesté leur déception face à cette décision, qui démontre, selon eux, un manque de volonté politique.

«Nous sommes amèrement déçus du président et nous sommes amèrement déçus des démocrates au Sénat», a déclaré le directeur du groupe America's Voice, Frank Sharry. «Nous, les militants, ne sommes pas ceux qui ont promis une réforme, nous avons seulement fait l'erreur d'y croire. Le président et les sénateurs démocrates ont choisi la politique avant le peuple, le statu quo avant la résolution de véritables problèmes.»

La directrice générale de United We Dream, Cristina Jimenez, a pour sa part indiqué que la décision représentait «une autre gifle au visage de la communauté latine et immigrante».

«Alors que nous avons demandé du leadership et du courage de la part du président et des démocrates, nous n'avons reçu rien d'autre que des promesses brisées et un manque de courage politique.»

Le leader de l'opposition républicaine au Sénat, Mitch McConnell, croit quant à lui que la décision montre «la politique de Washington sous son plus mauvais jour».

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