POLITIQUE

Un mini-budget pourrait être présenté à l'automne, confirme le ministre Leitao

05/09/2014 12:21 EDT | Actualisé 05/11/2014 05:12 EST
PC

LA MALBAIE, Qc - Le premier ministre Philippe Couillard a durci le ton, vendredi, à l'endroit des deux fédérations de médecins qui tardent à s'entendre avec le gouvernement.

Au terme d'un caucus des députés libéraux à La Malbaie, dans la région de Charlevoix, M. Couillard a exprimé sans détour son impatience.

«On veut donner la chance à la négociation de se faire, on comprend qu'il y a eu la pause estivale, les gens se sont éloignés, maintenant il faut se mettre au travail, mais cette période ne peut pas être éternelle», a déclaré le chef du gouvernement libéral en conférence de presse.

Sans brandir directement le spectre d'une loi d'exception, le premier ministre Couillard a fait comprendre qu'il ne laissera pas la situation perdurer encore très longtemps.

«Ça ne peut pas se prolonger plus que quelques semaines, il faut en venir à un résultat», a-t-il tranché.

Les pourparlers sur l'étalement de la hausse de rémunération des médecins font du surplace. En outre, la Fédération des médecins spécialistes met en doute la bonne foi de Québec dans les négociations. Les omnipraticiens songent quant à eux à adopter des moyens de pression «administratifs» pour protester contre la «fermeture» du gouvernement à leur égard.

M. Couillard a pris soin d'avertir les médecins qu'ils n'échapperont pas au douloureux exercice de redressement des finances publiques imposé à l'ensemble de la société québécoise.

«Il y a un principe fondamental, c'est que la profession médicale, qui est relativement favorisée sur le plan matériel par rapport aux citoyens moyens, sera appelée à faire sa part dans l'effort de redressement du Québec. Il n'y a aucun doute là-dessus, c'est incontournable», a-t-il argué.

La Fédération des médecins spécialistes a réagi aux propos de M. Couillard en soulignant que «malgré l'engagement du ministre de la Santé à agir rapidement, aucune rencontre de négociations n'a eu lieu entre les fédérations médicales et Gaétan Barrette depuis le 17 juillet dernier».

«J'invite le premier ministre à laisser tomber les menaces et à exiger de son ministre de la Santé qu'il ouvre son agenda afin de fixer des dates de rencontre avec nous», a déclaré par voie de communiqué la présidente de la présidente de la FMSQ, Dre Diane Francoeur.

L'enjeu de cette négociation cruciale est l'étalement sur plus de deux ans d'une cagnotte d'un milliard de dollars en hausse de rémunération consentie aux médecins.

Le retour à l'équilibre budgétaire en 2015-2016 est incontournable et sera réalisé, a de nouveau insisté le premier ministre. Non seulement le gouvernement ne renoncera pas à atteindre la cible, mais il mettra le pied sur l'accélérateur dans les prochains jours et les prochaines semaines, entre autres sur le plan législatif, a dit M. Couillard.

«Le travail est commencé, a-t-il noté en faisant allusion au projet de loi 3 sur les régimes de retraite. Il y a d'autres décisions qui vont suivre et il était essentiel d'avoir le point de vue de nos collègues de la députation qui ont passé l'été avec leurs citoyens sur le terrain pour entendre les divers commentaires. Cela a beaucoup nourri nos discussions.»

Le leader libéral reconnaît que l'assainissement des finances de l'État suscite de vives résistances dans la société civile. Il a précisé qu'il ne cherchait pas l'affrontement avec quiconque mais a ajouté qu'il ne se laisserait pas non plus distraire par la clameur de la rue. Il en fait une mission personnelle.

«Je ne suis pas revenu en politique pour redonner à mes enfants le Québec tel que je l'ai trouvé. Je vais être excessivement déterminé, ceux qui me connaissent savent que je peux être excessivement déterminé, peut-être même un peu têtu, je dois l'avouer», a-t-il dit.

M. Couillard a également confirmé que de nouvelles «mesures fiscales» ou «des mesures de révision de programme» pourraient entrer en vigueur dès le 1er janvier prochain après la présentation, à la fin de l'automne, d'une mise à jour économique et financière.

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, avait d'abord laissé entendre en matinée qu'il pourrait s'agir d'un mini-budget.

Quoi qu'il en soit, la mise à jour économique et financière ne comportera pas de nouvelles charges fiscales pour les particuliers, a soutenu le premier ministre.

«Non, les Québécois sont assez lourdement taxés et imposés. On a dit dès le début et on maintient ce choix de faire en sorte que le retour à l'équilibre budgétaire ne sera pas fait sur les épaules des contribuables», a-t-il soulevé.

Le ministre Leitao pourra s'inspirer des travaux de la Commission d'examen sur la fiscalité qui a été chargée par le gouvernement libéral de récupérer 650 millions $ pour l'an prochain grâce à l'abolition ou la révision à la baisse de crédits d'impôt aux entreprises.

Présidée par le fiscaliste et économiste Luc Godbout, la commission fera connaître d'ici quelques semaines tout au plus les résultats de ses analyses.

Déjà en juin dernier, dans son premier budget, le ministre des Finances avait annoncé une coupe de 20 pour cent de tous les crédits d'impôt destinés aux entreprises.