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Ukraine: un accord de cessez-le-feu est signé à Minsk

05/09/2014 07:52 EDT | Actualisé 05/11/2014 05:12 EST

MINSK, Bélarus - Le président ukrainien a annoncé vendredi un cessez-le-feu, dans l'espoir de mettre fin à cinq mois de combats dans l'est du pays, après que son représentant se soit entendu avec les rebelles appuyés par la Russie.

Le président Petro Porochenko dit avoir ordonné aux forces gouvernementales de mettre fin aux hostilités à 11 h, heure normale de l'Est, après la signature d'un protocole d'entente par des représentants de l'Ukraine, de la Russie, des rebelles et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

«La vie humaine a la plus grande valeur. Et nous devons faire tout ce qui est possible et impossible pour stopper l'effusion de sang et mettre fin aux souffrances de la population», a dit M. Porochenko par voie de communiqué.

Heidi Tagliavini, de l'OSCE, a expliqué aux journalistes que l'accord comprend douze points, mais elle n'a pas fourni plus de détails. M. Porochenko a indiqué qu'un échange de prisonniers débutera dès samedi et que des observateurs internationaux surveilleront le respect de la trêve.

Le président russe Vladimir Poutine espère possiblement éviter, avec cette entente, de nouvelles sanctions occidentales, dont l'Union européenne a ordonné la préparation vendredi.

La chancellière allemande Angela Merkel, qui participait vendredi au sommet de l'OTAN au Pays de Galles, a déclaré que «si certains processus s'enclenchent, nous somme prêts à suspendre les sanctions».

«Nous devons voir si ce cessez-le-feu est respecté. Est-ce que les troupes russes se replient, en autant qu'elles soient sur le terrain? Est-ce qu'il y a des zones-tampons et des trucs du genre — il y a plusieurs choses qui doivent être éclaircies, a-t-elle dit. Ces sanctions pourraient certainement être appliquées — tout ça est fluide — mais elles pourraient être suspendues si on constate que le processus donne des résultats concrets.»

Dans son communiqué, le président Porochenko a dit avoir ordonné le cessez-le-feu après que M. Poutine ait demandé aux insurgés de cesser les combats. «Je m'attends à ce que cette entente, y compris la fin des hostilités et la libération des otages, soit respectée à la lettre», a-t-il dit.

«Le cessez-le-feu nous permettra non seulement de sauver des vies civiles, mais aussi la vie de ceux qui ont pris les armes pour défendre leur patrie et leurs idéaux», a dit le leader rebelle de la région de Donetsk, Alexandre Zakharchenko.

Mais le leader des insurgés dans la région de Lougansk, Igor Plotnitsky, a dit aux journalistes que «ça ne veut pas dire que notre chemin vers la sécession est terminé» — une position qui illustre des divisions profondes qui pourraient faire dérailler toute initiative de paix.

Le porte-parole du Conseil ukrainien de sécurité nationale, le colonel Andriy Lysenko, avait précédemment prévenu que la souveraineté et l'intégrité territoriales de l'Ukraine n'étaient pas sur la table.

Les rebelles ont poursuivi, au cours des dernières heures, leur offensive pour capturer la ville portuaire de Marioupol, sur la mer d'Azov. La ville de 500 000 habitants se trouve le long d'une route qui relie la Russie à la péninsule de la Crimée, qui a été annexée par Moscou en mars.

Des journalistes de l'Associated Press ont entendu des bombardements soutenus vendredi, au nord et à l'est de Marioupol, ce qui semble indiquer que les rebelles ont partiellement encerclé la ville et qu'ils en testent les défenses.

La prise de Marioupol pourrait permettre aux insurgés prorusses de se tailler un corridor terrestre entre la Crimée et la Russie. L'Ukraine perdrait alors une autre portion importante de sa côte et l'accès aux riches ressources en hydrocarbures que pourrait renfermer la mer d'Azov.

Le conflit a fait près de 2600 morts depuis la mi-avril.

Un militaire de l'OTAN a dit à l'Associated Press, jeudi, qu'on compte de plus en plus de militaires russes dans les rangs des insurgés.

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