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Ukraine : cessez-le-feu entre Kiev et les séparatistes, nouvelles sanctions de l'UE contre la Russie

05/09/2014 09:50 EDT | Actualisé 05/09/2014 09:50 EDT
ANATOLII STEPANOV via Getty Images
An Ukrainian serviceman smokes a cigaret during a pause in patrol on border of the Donetsk and Luhansk regions near town of Debaltseve on September 5, 2014. Ukraine and pro-Russian rebels agreed on September 5 on ceasefire aimed at halting nearly five months of war that plunged relations between Russia and the West into their worst crisis since the Cold War. AFP PHOTO/ANATOLII STEPANOV (Photo credit should read ANATOLII STEPANOV/AFP/Getty Images)

Kiev et les rebelles prorusses ont signé vendredi un accord prévoyant un cessez-le-feu, entré en vigueur à 15h00 GMT, ainsi que le retrait des troupes et un échange de prisonniers, à l'issue d'une rencontre à Minsk destinée à mettre fin à cinq mois d'un conflit meurtrier dans l'est de l'Ukraine.

Malgré l'annonce de ces mesures, les 28 Etats membres de l'Union européenne se sont mis d'accord vendredi soir pour de nouvelles sanctions contre la Russie, accusée d' avoir porté atteinte à la souveraineté de l'Ukraine.

Le cessez-le-feu, précédé de tirs et d'explosions dans la nuit de jeudi à vendredi à Donetsk, bastion rebelle de l'est, et dans la matinée à Marioupol, dernière grande ville de la région sous contrôle des forces ukrainiennes, intervient après de rudes combats ayant fait près de 2.600 morts depuis avril.

Dans l'après-midi, aucun tir, ni aucune explosion n'ont en revanche été entendus après 15H00 GMT par les journalistes de l'AFP dans ces deux cités.

"Le cessez-le-feu repose sur un accord qui a été trouvé au cours de ma conversation téléphonique avec le président russe Poutine", a déclaré le chef de l'Etat ukrainien Petro Porochenko, en marge du sommet de l'Otan à Newport (Royaume-Uni).

"C'est la raison pour laquelle je pense qu'il (...) est désormais de notre responsabilité commune de faire durer longtemps ce cessez-le-feu", a-t-il souligné.

Aucune précision n'a été donnée sur la durée du cessez-le feu qui constitue un succès pour les insurgés et la Russie, dans la mesure où il est susceptible d'entériner la perte pour Kiev de plusieurs villes de l'Est après l'avancée victorieuse ces dernières semaines des rebelles, aidés sur le terrain par des militaires russes, selon les Occidentaux.

Le "groupe de contact" comprenant la Russie, l'Ukraine, les séparatistes et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui s'est réuni à Minsk, est parvenu à un accord sur "le retrait des troupes, l'accès de convois humanitaires et un échange de prisonniers sur le principe +tous contre tous+", a expliqué la représentante de l'OSCE, Heidi Tagliavini. Elle n'a pas précisé les modalités du retrait des combattants.

Le Kremlin a salué cet accord, tout en espérant que celui-ci sera "respecté point par point".

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé "tous ceux qui sont impliqués dans cet accord à faire preuve de bonne volonté et à prendre des mesures concrètes pour l'appliquer totalement, de manière urgente et efficace".

- Une force de l'Otan "très réactive" -

Pour sa part, le président américain Barack Obama a souligné que le cessez-le-feu devait être suivi d'effets "sur le terrain", soulignant qu'il serait préférable, malgré cet accord, d'"imposer des sanctions, quitte à les lever ensuite".

Les ambassadeurs des pays de l'Union européenne sont à cet égard parvenus à Bruxelles à un accord de principe pour imposer de nouvelles sanctions économiques à la Russie.

"Ce nouveau paquet de mesures restrictives a maintenant été approuvé" au niveau du Comité des représentants permanents des Etats membres auprès de l'UE, ont indiqué dans une lettre aux chefs d'Etat ou de gouvernement José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy.

"Cela donnera à l'Union européenne un outil efficace, qui devrait nous permettre d'apporter une réponse dans un cours laps de temps", ont poursuivi les deux hauts responsables de l'UE.

Le cessez-le feu obtenu pendant les discussions du "groupe de contact" est très loin du plan de paix souhaité par le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk.

Ce dernier a rappelé qu'il devait inclure "le retrait des troupes russes, des bandits et des terroristes (les séparatistes - ndlr) et le rétablissement de la frontière".

Mais la marge de manoeuvre semble très faible pour Kiev, les forces loyalistes perdant chaque jour du terrain.

L'Otan, qui a annoncé vendredi la création d'une force "très réactive" capable d'être déployée en quelques jours en cas de crise et son intention de maintenir sa présence dans l'est de l'Europe, a dit espérer que le cessez-le-feu constituerait "le début d'un processus politique constructif".

"Une chose est de décréter un cessez-le-feu, mais la prochaine étape cruciale est l'application de bonne foi (du cessez-le-feu) et cela reste à voir", a déclaré le secrétaire général de l'Alliance atlantique Anders Fogh Rasmussen.

La création de la nouvelle force de l'Otan a aussitôt été critiquée par Moscou : "Il s'agit d'une modification significative de la situation militaire dans la région", a déclaré le représentant de la Russie à l'Otan, Alexandre Grouchko.

L'accord de Minsk intervient après que Vladimir Poutine a présenté mercredi un plan de règlement de la crise en sept points qui prévoyait notamment le retrait des troupes gouvernementales des régions industrielles de Donetsk et de Lougansk.

Les Occidentaux soupçonnent le président russe, furieux de l'accord d'association économique entre l'Ukraine et l'Union européenne en juin, de tout faire pour que ces régions restent dépendantes de la Russie pour leurs échanges commerciaux.

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