DIVERTISSEMENT

La Théorie du K.O.: Une nouvelle série qui frappe dans le mille à Radio-Canada (VIDÉO)

05/09/2014 11:53 EDT | Actualisé 05/09/2014 11:53 EDT

Le réalisateur Stéphane Lapointe a plusieurs fois décrit son nouveau projet, La théorie du KO, comme un «Fabuleux destin d’Amélie Poulain violent». Après en avoir regardé les trois premiers épisodes, on lui donne entièrement raison.

Une comédie légère, sensible, qui amuse et fait du bien, enrobée d’un voile plus ou moins opaque de testostérone et de clés de bras, voilà ce qui attend ceux et celles – mesdames, ne vous laissez pas décourager par le titre et le thème central de la lutte – qui tourneront le poste à Radio-Canada le mercredi, à 21h30, juste après Les pêcheurs, à compter du 10 septembre.

La théorie du KO ne plaira pas qu’aux hommes, comme on aurait pu le croire. Ce n’est pas violent ou vulgaire, comme on aurait pu le craindre. Il ne faut pas nécessairement être adepte de lutte pour apprécier l’univers de l’homme désorienté, mais lutteur accompli, qu’est Carl Hébert (Rémi-Pierre Paquin). Au contraire, le propos fignolé par l’auteur Martin Forget ratisse très large et l’humour s’élève bien au dessus du ras des pâquerettes, sans verser dans la farce grasse ou dans le vaudeville. C’est intelligent et parfois même fin, malgré la trame de fond plus ou moins lustrée. Et les cœurs sensibles n’ont pas à craindre la vue du sang ou les excès de rudesse. Oui, nos mâles se font solidement brasser dans le ring, mais ces scènes n’occupent qu’une infime partie de chaque épisode, et les combats sont plus drôles que terrorisants.

Famille dysfonctionnelle

L’intrigue nous frappe donc de plein fouet dès les premières secondes, sans perdre un instant, comme un coup de poing qui nous cognerait brutalement au visage. Rien ne traîne en longueur. Un Rémi-Pierre Paquin apeuré, effondré au sol dans l’arène, voit Sugar Chris (Christian de son vrai nom, interprété par Alexandre Goyette), voler au-dessus de lui et anticipe avec effroi la douleur que lui causera son opposant en s’écrasant sur lui.

Puis, on récapitule rapidement ce qui l’a emmené là. Carl est commis dans un bureau plus beige que beige, où des collègues ennuyants comme la pluie l’entretiennent d’un ton monotone de l’employé qui a osé utiliser la photocopieuse à des fins personnelles ou de savoureuses anecdotes entourant leur choix de dates de vacances. Veuf depuis peu, notre antihéros voit le fantôme de sa femme, Chantal (Julie Deslauriers), on ne peut plus réel, le suivre partout pour le guider, le conseiller… et se moquer de lui. Son fiston surdoué, Jonathan (Elliot Miville-Deschênes), dessine des super-héros aux têtes arrachées et parle de vaisseaux spatiaux avec la minutie d’un scientifique.

Carl se retrouvera d’ailleurs souvent dans le bureau de la professeure, très à cheval sur les principes, pour discuter des comportements étranges de son garçon. Sa fille adolescente, Jaimie (Ludivine Reding) ignore totalement son autorité et devient hystérique lorsqu’un orienteur lui prédit qu’elle pourrait devenir avocate ou ingénieure, clamant haut et fort qu’elle n’a pas d’ambition.

Mais surtout, il y a son père, Carol (Michel Côté), qui s’est avéré un modèle douteux pour lui, lorsqu’il était enfant, et qui crèche aujourd’hui dans un bateau campé dans la cour de Carl. Ancien gardien de sécurité peureux et peu imposant, Carol aurait désespérément voulu briller dans un corps policier ou dans l’armée mais, faute de mieux, il a assuré la paix dans des centres commerciaux toute sa vie. Ce qui ne l’a pas empêché de jouer les caporaux avec les siens, enseignant toutes sortes de principes et de théories farfelues à Carl. Par exemple, Carol est obsédé par la possibilité imminente d’une invasion terroriste. Comble du malheur, le rustre grand-papa se positionne en héros aux yeux de Jonathan et ne cesse de critiquer les techniques d’éducation de Carl.

Beaucoup de tendresse

Carl se met énormément de pression pour ne pas devenir comme son géniteur et être un meilleur exemple que lui pour sa marmaille. Donc, pour clouer le bec de son paternel, Carl invitera son petit clan à la lutte pour impressionner Jonathan et osera se porter volontaire lorsque Sugar Chris défiera un spectateur. Époustouflé par sa performance, le promoteur Guy (Gildor Roy) lui proposera rapidement de se joindre à son groupe et de devenir Vengeance Hébert. Et de là découlera un enchaînement de situations cocasses, pendant qu’à la maison, Carl et Carol apprendront à cohabiter sur le même terrain. Par exemple, père et fils se confronteront avec véhémence lorsque Carol sous-louera la chambre que Carl lui a gentiment prêtée à un étrange médium, et Carl impressionnera vivement les camarades de Jonathan lorsqu’il livrera un combat en pleine classe, et ce, grâce à une initiative de Carol.

Or, les relations entre les deux personnages évolueront rapidement et la tendresse qui les lie ne tardera pas à s’exprimer. On aura aussi droit à de très belles scènes, drôles et émotives, entre Carol et ses petits-enfants, avec qui il est beaucoup plus à l’aise de discuter qu’avec sa propre progéniture.

Absolument tous les aspects de la vie du protagoniste principal sont abordés dans La théorie du KO : son travail, sa relation avec ses enfants, ses rapports avec son père, l’amitié qui se développe avec ses partenaires de lutte, et on devine que la romance pourrait se tailler une place dans ce portrait déjà bien rempli, puisqu’une certaine Annick (Marie-Soleil Dion), surnommée «Titannick», lui fera gentiment de l’œil. Bref, il y a encore plus de sentiments que de coups dans La théorie du KO, ce qui s’avère un gage de succès pour n’importe quelle fiction.

La théorie du KO, le mercredi, à 21h30, à Radio-Canada, à compter du 10 septembre.

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