POLITIQUE

Stephen Harper répond aux critiques de l'ancien premier ministre Brian Mulroney

05/09/2014 01:40 EDT | Actualisé 05/11/2014 05:12 EST
CP

OTTAWA - Le premier ministre Stephen Harper a répondu vendredi aux critiques de l'ancien premier ministre Brian Mulroney, qui reproche notamment au gouvernement de briser des traditions canadiennes en matière de politique étrangère, en plus de s'en prendre aux relations du Canada avec les États-Unis et à la querelle publique du chef conservateur avec la Cour suprême.

Au moment où il célébrait cette semaine le 30e anniversaire de son élection majoritaire historique, M. Mulroney a suggéré, lors d'une entrevue au réseau CTV diffusée jeudi, que le gouvernement entretenait des relations tendues avec les Nations unies et les États-Unis, ce qui diminuerait son pouvoir sur les enjeux internationaux.

L'ancien premier ministre, âgé de 75 ans, a déclaré que la politique du pays en matière d'affaires étrangères devrait «tenir compte des traditions et de l'histoire du Canada d'une façon beaucoup plus viable».

«Nous sommes dans les grandes ligues (...) nous devons donc nous conduire de façon adéquate. Nous ne pouvons pas rester sur les lignes de côté», a-t-il avancé.

Il a ajouté que le gouvernement canadien n'avait pas d'impact à l'international parce que le premier ministre actuel n'entretient pas de liens étroits avec le président américain Barack Obama.

Mais en conférence de presse au pays de Galles durant le sommet de l'OTAN, vendredi, M. Harper a affirmé que le Canada avait la capacité d'intervenir dans les affaires internationales plus que jamais auparavant, «que ce soit du côté militaire ou avec les choses que nous avons faites en matière de développement, particulièrement dans le domaine de la santé maternelle et infantile».

«Je crois que ce sont des faits et qu'ils sont reconnus partout dans le monde et par les Canadiens», a-t-il ajouté.

M. Harper avait coupé les ponts avec Brian Mulroney en 2007, après la controverse entourant les liens d'affaires de l'ancien premier ministre avec le lobbyiste allemand Karlheinz Schreiber.

Il aura fallu attendre deux ans pour que les deux hommes se réconcilient, tant en privé qu'en public. Il y a deux ans, M. Harper avait directement demandé conseil à M. Mulroney au sujet du Québec et ils ont assisté ensemble, l'automne dernier, à un événement visant à promouvoir l'accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis.

Lors de l'entrevue, M. Mulroney a aussi dénoncé le litige public qu'a eu M. Harper avec la juge en chef de la Cour suprême du Canada, Beverley McLachlin.

Même si l'ancien premier ministre dit appuyer le gouvernement et «ce qu'il tente de faire en général», il a laissé sous-entendre que le chef libéral Justin Trudeau allait profiter de ce qu'il pense être une lassitude du public à l'endroit des conservateurs.

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