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Ebola: L'OMS recommande d'utiliser le sang de survivants

05/09/2014 12:21 EDT | Actualisé 05/11/2014 05:12 EST

LONDRES - L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande aux médecins d'utiliser le sang de survivants pour traiter leurs patients, afin de combattre la pire épidémie de virus d'Ebola de l'histoire.

Une experte de l'OMS, la docteure Marie-Paule Kieny, a déclaré aux journalistes, vendredi, que le sang des survivants peut être utilisé et que tous les efforts devraient être mis en place pour aider les pays infectés à avoir recours à cette stratégie.

Le plus récent bilan de l'OMS fait état de 2097 morts dans cinq pays d'Afrique de l'Ouest, dont la moitié au Liberia.

À la suite d'une rencontre de deux jours de plus de 200 experts pour déterminer quel traitement expérimental contre l'Ebola devrait être d'abord utilisé, l'OMS a fait valoir que le sang de survivants pouvait être utilisé immédiatement. Des milliers de personnes ont survécu au virus qui comptent un taux de mortalité d'environ 50 pour cent, et pour lequel aucun traitement n'est encore certifié.

«Nous devons renverser l'impression qu'il n'y a pas d'espoir», a dit la docteure Marie-Paule Kieny, vendredi, lors d'une conférence de presse à Genève. Les avis sont partagés sur les chances de succès de l'utilisation du sang de survivants.

Mme Kieny a affirmé que le comité d'experts avait aussi identifié deux vaccins prometteurs contre l'Ebola, et que les premiers résultats des tests — qui ont commencé aux États-Unis — seraient disponibles en novembre. Si les résultats sont prometteurs, la responsable à l'OMS soutient que la production pourrait être accélérée et que les travailleurs de la santé en Afrique de l'Ouest pourraient se faire administrer le vaccin pour évaluer son efficacité.

L'agence onusienne de la santé avait révélé, plus tôt cette semaine, avoir identifié deux vaccins potentiellement prometteurs qui font l'objet d'études cliniques aux États-Unis, dont un vaccin canadien.

De son côté, le secrétaire-général des Nations unies, Ban Ki-moon, a annoncé vendredi que l'ONU met sur pied un «centre de crise de l'Ebola» dans le but de stopper, d'ici six ou neuf mois, la transmission du virus dans les pays touchés.

Il a répété qu'on aura besoin de 600 millions $ US, de toute urgence, pour acheter l'équipement nécessaire pour combattre l'épidémie. Ce même montant avait été évoqué par l'OMS il y a quelques jours.

M. Ban a demandé aux transporteurs aériens et aux pays exportateurs d'annuler les interdits imposés sur les vols et les visites portuaires, pour permettre aux médecins, infirmières, équipements et autres de rejoindre ceux qui en ont besoin.

«C'est un défi énorme, a-t-il dit. Nous nous organisons pour y faire face et je suis convaincu de notre succès.»

Il a ajouté que «la maladie se répand plus rapidement que la réponse (et) la population est de plus en plus frustrée que (le virus) ne soit pas contrôlé».

Le nouveau centre de crise sera établi à New York pour coordonner les efforts de l'ONU, des agences humanitaires, des gouvernements, du secteur privé, des institutions financières et d'autres groupes pour ajouter «efficacité et synergie» aux efforts de lutte contre l'épidémie.

Enfin, un médecin a prévenu vendredi que le système de santé de Freetown, la capitale de la Sierra Leone, s'est effondré sous l'assaut de l'Ebola.

Certains patients craignent maintenant de se rendre à l'hôpital et des médecins refusent de soigner les malades, a dit le docteur Kwame O'Neil.

Une fillette est ainsi décédée d'une appendicite quand elle s'est présentée à l'hôpital et que le médecin présent a refusé de la traiter en niant être médecin.

Le docteur O'Neil affirme que sa propre tante a succombé à un accident vasculaire cérébral après avoir été laissée sans soins pendant deux jours, à l'hôpital.

L'Organisation mondiale de la Santé confirme 1107 infections et 430 décès dus à l'Ebola en Sierra Leone.

L'épidémie a fait quelque 1900 morts dans cinq pays depuis le début de l'année.

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