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Bombardier reprendra les essais en vol de la CSeries plus tard en septembre

05/09/2014 12:01 EDT | Actualisé 05/11/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Bombardier aéronautique (TSX:BBD.B) a annoncé vendredi que les essais en vol de ses avions CSeries, suspendus depuis un incident de moteur survenu en mai, reprendraient plus tard en septembre.

L'avionneur n'a pas révélé de façon plus précise à quel moment les essais reprendraient.

L'analyste d'AltaCorp Capital Chris Murray a dit avoir entendu que les vols pourraient reprendre dès dimanche.

Le porte-parole de Bombardier Marc Duchesne a simplement accepté de dire que l'appareil volerait «assurément» en septembre.

«L'appareil est sorti, les choses vont bien, soyons patients», a-t-il exprimé vendredi, lors d'un entretien.

Bombardier a indiqué avoir travaillé avec le fabricant du moteur des avions, Pratt & Whitney, pour élaborer une solution qui a été appliquée au système de lubrification à l'huile du moteur, et avoir reçu le feu vert des autorités gouvernementales fédérales.

«Il est malheureux qu'il y ait eu un incident avec le moteur, mais d'une certaine manière, c'est pour cette raison qu'il y a un programme d'essais de vol», a ajouté M. Duchesne.

Un appareil d'essais reprendra ses vols ce mois-ci, et trois autres appareils suivront plus tard cet automne, alors qu'ils se doteront des nouveaux moteurs. L'appareil ayant subi des dommages à son aile en fibre de carbone en mai est en réparations et se joindra aux essais.

Le vice-président du programme CSeries, Rob Dewar, s'est dit confiant de voir l'entrée en service des nouveaux appareils CS100 dans la deuxième moitié de 2015, le plus imposant CS300 devant suivre environ six mois plus tard.

En juin, le président de Bombardier, Laurent Beaudoin, avait laissé entendre que les essais en vol ne seraient interrompus qu'un mois à la suite de l'incident survenu lors d'activités d'entretien au sol à ses installations de Mirabel.

L'avion a complété 330 des 2400 heures de vol requises pour obtenir la certification de Transport Canada.

La compagnie n'a pas dévoilé la cause de la défaillance du moteur le 29 mai, mais a affirmé que le programme de la CSeries avait fait des avancées ces derniers mois en complétant une série d'activités, incluant des tests additionnels au sol et des mises à jour de logiciels.

Le vice-président de Pratt & Whitney, Graham Webb, a dit que le groupe avait implanté «une solution appropriée».

«L'architecture fondamentale du moteur à réacteur à réducteur demeure à toute épreuve et l'incident n'a impliqué ni le système d'engrenage de la commande du ventilateur ni le disque de turbine à faible pression», a-t-il exposé dans une vidéo publiée sur le site internet de la CSeries.

Le retard a suscité une certaine inquiétude parmi les investisseurs et les analystes de l'industrie. Certains ont dit s'attendre à de nouveaux retards.

Un transporteur suédois a signifié à la fin août à Bombardier qu'il ne voulait plus être le premier client à recevoir son nouvel avion. Braathens Aviation disait être en discussions avec l'entreprise montréalaise pour trouver de nouvelles dates de livraison.

L'analyste David Tyerman, de Canaccord Genuity, a dit croire que l'appareil ne serait pas livré avant 2016, mais a ajouté qu'un court retard ne serait pas majeur.

«À mes yeux, il faudrait qu'il soit question d'un délai de deux ou trois ans avant que cela devienne un enjeu très important», a-t-il affirmé lors d'un entretien.

Pour sa part, M. Murray juge crucial que le constructeur teste l'appareil de manière adéquate pour éviter tout incident qui pourrait nécessiter des réparations coûteuses pour produire les appareils.

Les heures additionnelles d'essais en vols devraient aussi augmenter la confiance des clients en validant la performance de l'avion, ce qui pourrait mener à des commandes additionnelles, a-t-il ajouté.

À la Bourse de Toronto, l'action de Bombardier a glissé vendredi de 2 cents à 3,63 $.

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