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Contrats des compteurs d'eau : Accurso nie toute collusion

05/09/2014 04:23 EDT | Actualisé 05/09/2014 04:28 EDT
Ici Radio Canada

Tony Accurso nie formellement toute collusion dans le cadre du lucratif contrat des compteurs d'eau que la Ville de Montréal avait accordé au consortium GENIeau dont il faisait partie. Il soutient qu'il n'y a aucun lien entre ce contrat et les deux séjours que l'ex-président du comité exécutif de la Ville, Frank Zampino, a faits sur son bateau avant et après son octroi en octobre 2007.

L'entrepreneur a expliqué à la commission que Frank Zampino était un ami d'enfance, leurs pères respectifs ayant travaillé en partenariat dans le domaine de la construction. Il soutient que cette amitié explique à elle seule pourquoi il a fait deux voyages à Las Vegas avec lui en 2006 - dont l'un avec le directeur général de la Ville, Robert Abdallah, également ami d'Accurso - puis l'a invité sur le Touch en janvier 2007 et février 2008.

Tony Accurso assure qu'il n'y a « aucun lien « entre ces voyages et le contrat de 356 millions de dollars que la Ville a octroyé à GENIeau en novembre 2007 pour l'installation de milliers de compteurs d'eau en milieu institutionnel, industriel et commercial. GENIeau était un consortium constitué de Simard-Beaudry et de la firme d'ingénierie Dessau.

Les deux voyages sur le Touch de Frank Zampino ont été effectués en compagnie de Tony Accurso, de Frank Minicucci, son bras droit chez Simard-Beaudry, de Rosaire Sauriol, numéro 2 de Dessau. Chacun était accompagné de sa conjointe. M. Sauriol, qui a démissionné l'an dernier après avoir témoigné à la commission, était aussi un ami de M. Accurso.

« Madame la présidente, il y a eu zéro collusion dans cette job-là, et il y a eu zéro implication de la part de M. Zampino pour faire quoi que ce soit pour essayer de nous avoir sur ce contrat », a dit l'entrepreneur à France Charbonneau. « On était tous des amis », a-t-il ajouté, en expliquant que le second voyage avait été organisé parce que le premier s'était avéré très « plaisant ».

Selon Tony Accurso, M. Zampino n'aurait rien pu faire pour aider GENIeau à remporter le contrat, même s'il l'avait voulu.

« Ce n'est pas un ingénieur, ce n'est pas quelqu'un qui connaît ça, c'est un ami. [...]. Quand même qu'il [aurait voulu] me donner la job, il n'aurait pas été capable. Il fallait que ça passe à travers l'équipe de M. Pierre Lavallée », a-t-il dit, en faisant référence au patron de BPR, firme qui devait évaluer les soumissions techniques.

La procureure en chef Sonia LeBel, qui mène l'interrogatoire de l'homme d'affaires, a souligné que d'autres témoignages ont plutôt fait valoir que Frank Zampino pouvait avoir joué un rôle dans différentes étapes menant à l'octroi du contrat, par exemple dans l'ajout d'un volet au contrat ou dans la décision de ne procéder qu'en un seul appel d'offres, mais Tony Accurso n'a pas bronché.

Tony Accurso affirme que Frank Zampino a lui-même payé ses billets d'avion pour aller sur le Touch et à Las Vegas. Dans ce dernier cas, l'entrepreneur a cependant précisé qu'il avait payé la totalité des repas, des billets de spectacles (Cirque du Soleil, Elton John) ainsi qu'un voyage en hélicoptère au-dessus du Grand Canyon. Des photos de ce voyage, en compagnie de M. Abdallah, ont déjà été présentées par la commission.

Dans le cas d'un séjour sur le Touch, a ajouté l'entrepreneur, Frank Zampino lui a donné 5000 $ pour couvrir ses frais de séjour. Il a expliqué que cela était beaucoup trop, et qu'il l'avait signalé à M. Zampino, mais en vain. Tony Accurso affirme qu'en raison des revenus de location que lui apportait le yacht, tous les frais fixes étaient payés, et que les séjours de ses amis ne lui coûtaient donc que le prix de la nourriture et de l'alcool. « C'était comme un chalet », a-t-il illustré.

Zampino craignait une enquête...

Une écoute électronique entre Michel Arsenault et Tony Accurso du 3 avril 2009 montre cependant que Frank Zampino était inquiet de la façon dont risquait d'être perçue sa présence sur le Touch.

« Si je ne sors pas, Tremblay va paniquer, pis il panique vite pour pas se salir les mains », aurait dit M. Zampino à M. Accurso.

« Y dit, moi ce dont j'ai peur : Tremblay est tellement chieux, il a tellement peur, y,a peur qu'y ouvre une commission d'enquête, qu'y demande à Québec d'enquêter. Fait qu'il dit, avant que ça arrive et que toi tu vas être obligé de te traîner en face des tribunaux, pis parler, pis moi je vais être obligé de faire la même chose, au lieu de faire ça, il dit, moi je refuse de parler aux médias, mais je vais écrire une lettre directement à Tremblay pis je vais lu expliquer la situation », rapporte M. Accurso dans cette écoute.

Dans cette lettre - qui a bel et bien été envoyée - M. Zampino raconte avoir l'intention d'indiquer qu'il a payé sa part par chèque avant le voyage, de même que son billet d'avion.

M. Accurso n'a su expliquer quelle était la nature de la crainte de M. Zampino.

M. Accurso a aussi nié de façon plus générale avoir jamais discuté de contrats concernant la Ville de Montréal avec Frank Zampino.

Des dons au parti de Gérard Tremblay

M. Accurso a cependant confirmé que ses entreprises avaient fait des dons au parti Union Montréal du maire Gérald Tremblay, mais n'a pu en donner les détails, le tout étant géré par son vice-président aux finances Charles Caruana.

Il a expliqué que l'argentier d'Union Montréal Bernard Trépanier ne l'a sollicité directement qu'une seule fois, soit pour renflouer les coffres de la FINA, qui a tenu son championnat à Montréal en 2005.

M. Accurso dit avoir fait un chèque de 50 000 $ à cette occasion, et possiblement un autre, d'une valeur moindre. Il a admis avoir été mécontent d'être sollicité à cette fin.

Selon lui, M. Trépanier sollicitait toutes les entreprises figurant sur une liste d'entrepreneurs qui faisaient des affaires avec la Ville de Montréal.

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