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Un cinquième des victimes de meurtre ont moins de 20 ans, dit l'ONU

04/09/2014 12:33 EDT | Actualisé 04/11/2014 05:12 EST

NEW YORK, États-Unis - Environ 120 millions de filles âgées de moins de 20 ans ont été contraintes d'avoir des relations sexuelles et un cinquième des victimes de meurtres à travers le monde ont moins de 20 ans, ce qui s'est traduit par 95 000 morts en 2012, indique un rapport publié jeudi par les Nations unies.

Analysant des données provenant de 190 pays, le rapport compilé par l'Unicef note que des enfants de partout dans le monde sont couramment exposés à la violence — qu'il s'agisse de meurtres, de gestes sexuels forcés, d'intimidation et de discipline excessive — là où ils devraient normalement être en sécurité.

Le meurtre est la principale cause de décès chez les mâles âgés entre 10 et 19 ans dans plusieurs pays d'Amérique centrale et du Sud, comme le Panama, le Venezuela, le Salvador, le Brésil et le Guatemala, a dit l'Unicef.

Au Canada, le taux d'homicide est de deux par 100 000 enfants — soit la moitié de la moyene mondiale. Le rapport s'inquiète toutefois de l'intimidation, déclarant que 32 pour cent des enfants canadiens sont touchés par le problème en tant que victimes ou intimidateurs.

«La violence à l'endroit des enfants ne menace pas seulement des enfances, elle érode notre société, a prévenu le président d'Unicef Canada, David Morley. La prévention de la violence est une responsabilité commune, et nous demandons au Canada une politique nationale centrée sur l'enfant pour confronter la violence sous toutes ses formes, surtout pour nos enfants les plus vulnérables.»

Le rapport démontre que l'impact de la violence sur les jeunes s'est accentué depuis dix ans.

L'Unicef explique que, dans plusieurs pays, la violence à l'endroit des enfants est acceptée socialement, tolérée ou perçue comme n'étant pas abusive.

Les victimes sont souvent trop jeunes ou trop vulnérables pour dénoncer les crimes, ou le système judiciaire n'est pas en mesure de répondre adéquatement, ajoute l'agence onusienne.

Les services de protection de l'enfance se font aussi rares.

«Nous croyons qu'il faut s'intéresser surtout à la violence normale quotidienne, a dit la directrice des services de protection de l'enfance de l'Unicef, Susan Bissell. (Le rapport) met en lumière les atrocités horribles que les enfants traversent quotidiennement, partout dans le monde.»

Le Nigeria — où le groupe islamiste Boko Haram a enlevé en avril plus de 200 écolières qu'il a ensuite menacé de vendre — arrive en tête de lice avec 13 000 jeunes tués en 2012, contre 11 000 au Brésil.

«Si on examine la situation de ces filles au Nigeria, elles étaient à l'école, un endroit où elles auraient dû être en sécurité», a dit Mme Bissell.

En moyenne, 60 pour cent des enfants du monde, soit un milliard de personnes, sont victimes de sévices physiques réguliers de la part de ceux qui en sont responsables.

«On ne parle pas d'une petite tape sur les fesses, a ajouté Mme Bissell. On parle d'un instrument contondant, à répétition.»

La violence sexuelle n'est pas rare. Quelque 120 millions de filles à travers le monde, soit environ une sur dix, ont été contraintes d'avoir des relations sexuelles, complètes ou non, tandis qu'une adolescente mariée sur trois, soit 84 millions de personnes, a été victime de sévices émotionnels, physiques ou sexuels de la part de son époux ou partenaire.

Près de la moitié des jeunes filles de 15 à 19 ans de la planète croient qu'un mari peut maltraiter physiquement sa femme.

Seulement 39 pays offrent une protection légale aux enfants face aux châtiments corporels, dit le rapport.

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