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Le ministère des Relations internationales pourrait devenir un secrétariat

04/09/2014 10:22 EDT | Actualisé 04/11/2014 05:12 EST

LA MALBAIE, Qc - Le ministère des Relations internationales (MRI) risque d'être sacrifié sur l'autel des compressions budgétaires du gouvernement libéral.

À son arrivée jeudi au caucus des députés au chic Manoir Richelieu à La Malbaie, le premier ministre Philippe Couillard n'a écarté aucun scénario sur le sort qui attend le ministère dirigé par Christine St-Pierre.

Surtout, il n'a pas nié l'information qui circule selon laquelle le MRI pourrait être rétrogradé au rang nettement plus modeste de secrétariat, subordonné à un autre ministère. L'idée, apparemment, fait son chemin parmi les hauts fonctionnaires.

«Sur cette question, je vais être bien clair, toutes les pistes actuellement sont soulevées, il n'y a pas de pierre qui n'est pas retournée. On entre dans une période où, on le voit avec vos questions, il va y avoir constamment des hypothèses de travail, des questions et on ne commencera pas à entrer dans les détails avant que les décisions soient annoncées», a déclaré le chef du gouvernement.

Tout au plus, il a assuré qu'il n'était «pas question de diminuer le rayonnement international du Québec».

Le MRI compte 11 délégations à travers le monde, huit bureaux et quatre antennes. Sa mission est d'assurer la présence du Québec à l'étranger, tisser des liens et favoriser les échanges tant culturels que commerciaux.

En point de presse, la ministre St-Pierre n'a rien fait pour dissiper les doutes sur l'avenir de son ministère. Ce n'est pas la «structure» qui importe dans ce débat mais le maintien de la présence du Québec à l'étranger, a-t-elle fait valoir.

«Vous me parlez d'une structure. Ce qui est important, c'est notre mission sur la scène internationale, a soulevé Mme St-Pierre. Tout ce qu'on fait sur la scène internationale et que l'on bâtit depuis des années, ça va continuer.»

L'objectif de la réflexion en cours «est de voir comment on peut arriver à faire plus et que ça coûte moins cher», a-t-elle dit, coupant court à son entretien avec les médias.

À quelques semaines de la rentrée parlementaire, les députés et ministres réunis dans Charlevoix jusqu'à vendredi discutent des grandes manoeuvres qui seront engagées dans les prochains mois pour comprimer les dépenses.

Pour illustrer l'ampleur de la tâche, le premier ministre Couillard a brossé un sombre tableau de l'état des finances publiques, dressant un parallèle avec les situations critiques de 1982 et de 1997.

Dans les deux cas, le gouvernement avait été forcé de prendre des mesures draconiennes pour se sortir de l'impasse budgétaire.

En 1982, les coupes de salaire dans la fonction publique décrétées par le gouvernement Levesque avaient empoisonné des années durant le climat social. Quinze ans plus tard, en 1997, les mises à la retraite massives du gouvernement Bouchard avaient porté un dur coup au réseau de la santé.

«Voilà les expériences passées qu'on ne veut pas répéter», a argué M. Couillard.

«Il y a eu, au cours des dernières années, cette tendance à dépenser plus que l'on gagne et comme n'importe quelle organisation, même une famille, on ne peut pas continuer comme ça, on va arrêter ça», a-t-il ajouté.

Le premier ministre n'aime pas parler de coupes ou de compressions et préfère utiliser l'euphémisme «changement budgétaire». Mais la révision des programmes ne se fera pas sans douleur et M. Couillard ne peut que s'engager à épargner «au maximum» les services aux citoyens.

La Commission permanente de révision des programmes, créée par le gouvernement Couillard, s'affaire présentement à passer les dépenses au crible avec pour objectif de rayer 3,2 milliards $ pour l'an prochain.

Ses premières recommandations sont attendues le mois prochain.

Dans le réseau de la santé, le ministre Gaétan Barrette a confirmé que des travaux étaient en cours pour dégager des économies de quelques centaines de millions de dollars.

«On espère aller chercher à la hauteur de 220 millions $ avec cet exercice-là», a-t-il dit.

Une consigne «très claire» a été donnée au réseau pour que «l'effort d'optimisation» soit fait «sans toucher aux services», a insisté le ministre de la Santé.

«Nous n'avons aucun travaux qui sont faits présentement qui visent à diminuer les services de quelque manière que ce soit», a-t-il affirmé.

De son côté, la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, a répété le mantra du gouvernement. Tout est sur la table pour parvenir à rétablir l'équilibre budgétaire l'an prochain, y compris une possible révision des tarifs de garde.

«Si ça passe par les tarifs, ce seront les tarifs, si ça passe par le financement, ce sera par le financement», a-t-elle dit.

Quant à elle, la ministre Lise Thériault, de la Sécurité publique, a fait savoir que la Sûreté du Québec (SQ) n'échappera pas à l'opération de redressement budgétaire.

«On ne peut pas appeler ça des coupures, moi je vous parlerais peut-être de réallocation d'enveloppes, de revoir les façons de faire. La revue des programmes sert à ça. La Sûreté du Québec aura à contribuer elle aussi comme les autres entités du ministère», a noté Mme Thériault.

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