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Des selles fluo permettraient de dépister le cancer colorectal

04/09/2014 08:06 EDT | Actualisé 04/11/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Des chercheurs ontariens tentent de mettre au point ce qui pourrait devenir un test peu coûteux, simple, précis et non invasif pour détecter le cancer colorectal.

Le biochimiste Yingfu Li et le gastroentérologue Bruno Salena, tous deux de l'Université McMaster, s'emploient à mettre au point des molécules d'ADN catalytiques (ou déoxyribozymes) capables de déceler des marqueurs de cancer dans des échantillons de selles.

En présence de cellules cancéreuses, ces molécules deviendront fluorescentes, permettant de traiter le cancer à un stade précoce et d'améliorer les chances de guérison des patients.

Le docteur Li étudie les déoxyribozymes fluorescents depuis plusieurs années, tandis que le docteur Salena traite des personnes atteintes de cancer colorectal et d'autres maladies intestinales.

Les chercheurs constitueront un réservoir de molécules d'ADN pour repérer quelques déoxyribozymes «magiques» qui s'illumineront au contact d'échantillons de selles provenant de personnes atteintes de cancer colorectal, mais demeureront inactifs dans les échantillons de participants en santé.

Le cancer colorectal est la deuxième cause de mortalité par cancer au Canada. Lorsque la maladie est diagnostiquée à temps, son taux de guérison atteint 90 pour cent.

Les programmes actuels de dépistage du cancer colorectal utilisent des tests de sang occulte dans les selles qui y détectent de très faibles quantités de sang. Ces tests peuvent toutefois donner lieu à des faux positifs (détectant un cancer alors qu'il n'y en a pas) ou à des faux négatifs (ne détectant pas de cancer alors qu'il y en a un). La coloscopie est plus précise, mais il s'agirait d'une procédure invasive et coûteuse, qui n'est pas recommandée pour le dépistage général de la population.

Les deux chercheurs ont obtenu en juillet une subvention de la Société canadienne du cancer.

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