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Commission Charbonneau: aucun ministre ou député sur Le Touch, dit Accurso

04/09/2014 11:48 EDT | Actualisé 04/11/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - L'entrepreneur Antonio Accurso assure qu'aucun ministre ou député, tant au fédéral qu'au provincial, n'a été sur son bateau Le Touch.

Il a fait cette précision, jeudi, devant la Commission Charbonneau. «Non, il n'y a aucun ministre provincial, aucun ministre fédéral, aucun député fédéral, aucun député provincial. Aucun», a-t-il résumé.

Étonnamment, il a toutefois souligné que le rocker Mick Jagger, des Rolling Stones, avait été sur son célèbre yacht. Il n'en a pas précisé les circonstances ni l'année. Et la question ne lui a pas été posée non plus.

Des maires ont cependant séjourné sur son bateau et il en a remis la liste à la commission, à sa demande. Il n'a toutefois pas été invité à les nommer par la procureure chef Sonia Lebel.

Plus précisément, il a tenu à nier que l'ancien ministre libéral Tony Tomassi ait été sur son bateau alors qu'il était député. C'est l'entrepreneur Joe Borsellino, de Construction Garnier, un concurrent de M. Accurso, qui avait ainsi affirmé que le député Tony Tomassi s'était rendu sur le bateau.

«On l'a vu dans des conversations (téléphoniques entendues à la commission), il a dit que Tomassi a été sur mon bateau et c'était absolument faux», s'est exclamé M. Accurso, sans même que la question lui soit posée par la procureure Sonia Lebel.

Il a attribué à de la médisance ces propos de son concurrent.

«C'est bien clair que moi et Joe Borsellino, on a un conflit de personnalités. Moi je ne l'aime pas et peut-être que lui ne m'aime pas non plus. Lui parlait en mal contre moi et moi je parlais en mal contre lui», a résumé M. Accurso, anciennement de Simard-Beaudry et Construction Louisbourg.

Le commissaire Renaud Lachance lui a demandé si des membres de cabinets politiques ou des hauts-fonctionnaires avaient séjourné sur Le Touch. Là encore, l'entrepreneur a répondu par la négative.

Son avocat, Me Louis Belleau, a par ailleurs précisé qu'il n'existe pas de registre de personnes qui ont séjourné ou qui se sont rendues sur Le Touch. Parce que la commission l'a expressément demandé à M. Accurso, il a confectionné une liste, de mémoire, et à partir des informations déjà disponibles.

On a cependant su que d'anciens présidents de la FTQ, comme Henri Massé et Clément Godbout, avaient séjourné sur l'un de ses bateaux, mais pas Le Touch. Avant de se porter acquéreur du Touch, M. Accurso louait d'autres bateaux aux Îles Vierges. L'ancien président Michel Arsenault, un ami de M. Accurso, avait déjà admis avoir séjourné sur Le Touch.

Fonds et Solim

La commission d'enquête s'est ensuite attardée au rôle de «conseil» que semble avoir joué M. Accurso auprès de Guy Gionet, patron de la SOLIM, alors le bras immobilier du Fonds de solidarité de la FTQ.

Dans des extraits d'écoute téléphonique entendus entre MM. Accurso et Gionet, et qui datent de février 2009, M. Accurso donne son opinion sur son concurrent Borsellino, qui a demandé à rencontrer M. Gionet, de la SOLIM. C'est même M. Gionet qui appelle M. Accurso pour l'informer du fait que son concurrent, M. Borsellino, lui a demandé un rendez-vous.

«Moi, je ne lui donnerais pas de rendez-vous. Il est zéro 'trustable'. Ouvre-toi pas dans rien, rien, rien», l'avertit M. Accurso.

M. Gionet évoque avec M. Accurso la possibilité de «jouer 'corporate'» avec Borsellino, de «faire croire de l'écouter» et de le «faire parler».

M. Accurso lui conseille de «patiner» et de le «staller».

«Je te dirai, de toute façon, ce qu'il veut», lui répond M. Gionet.

Quand Me Lebel lui a demandé s'il avait ultimement bénéficié de plus que sa part des investissements du Fonds de solidarité ou de la SOLIM, grâce aux liens qu'il avait tissés avec des dirigeants syndicaux, M. Accurso a répondu qu'il ne pouvait répondre, car il ignorait de combien d'investissements avaient pu bénéficier ses concurrents.

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