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Transcontinental cesse de publier 20 journaux: 80 emplois supprimés

03/09/2014 10:03 EDT | Actualisé 03/11/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - L'acquisition des 74 journaux hebdomadaires québécois de Sun Media aura finalement d'importantes répercussions chez Transcontinental (TSX.TCL.A), qui met fin à la publication de 20 titres, provoquant du même coup le licenciement de quelque 80 personnes.

L'imprimeur québécois a annoncé cette «réorganisation» mercredi, après que le Bureau de la concurrence eut approuvé la vente de 14 journaux visés par la transaction conclue le 1er juin dernier avec la filiale de Québecor (TSX:QBR.B).

En donnant son aval à cette transaction de 75 millions $, l'organisme fédéral avait ordonné à Transcontinental de vendre 33 des 154 hebdomadaires de son portefeuille, dont certains achetés de Sun Media.

Dix-huit des 19 publications n'ayant pas trouvé preneur seront ainsi fermées. Transcontinental cessera également de publier deux de ses journaux hebdomadaires.

«Les décisions entourant cette réorganisation ont été prises en veillant à ce que les collectivités continuent à recevoir une information locale pertinente tout en s'assurant de préserver le plus grand nombre possible d'emplois», affirme l'entreprise.

Les journaux qui disparaîtront seront pour la plupart intégrés à d'autres déjà détenus par l'entreprise dans chaque région touchée.

«Nous avons décidé de conserver les titres les plus robustes dans les régions concernées, a indiqué la directrice principale, relations avec les investisseurs de Transcontinental, Jennifer McCaughey. Dans la plupart des cas, c'est des fusions (de journaux).»

Les publications concernées par cette réorganisation se trouvent dans les régions de l'Abitibi-Témiscamingue, du Bas-Saint-Laurent, le Centre-du-Québec, Chaudière-Appalaches, l'Estrie, la Gaspésie, Lanaudière, les Laurentides, la Mauricie ainsi que la Montérégie.

Au total, 11 postes de journalistes se trouvent parmi ceux qui seront supprimés par Transcontinental, a souligné Mme McCaughey.

«Ça (les licenciements) englobe différents postes, a-t-elle précisé, au cours d'un entretien téléphonique. C'est vraiment l'administration, les ventes, la production ainsi que la rédaction.»

Selon Mme McCaughey, les employés concernés par la réorganisation devaient être rencontrés ce mercredi par l'employeur. D'après elle, les licenciements devaient entrer en vigueur dès leur annonce.

Cette dernière a laissé entendre que certaines personnes pourraient être réaffectées au sein de l'entreprise.

«Il y a certaines positions où il peut y avoir des postes disponibles, a dit Mme McCaughey. Mais ça va dépendre si elles veulent accepter. Mais c'est vraiment dans des cas bien précis.»

Transcontinental, qui avait vu son portefeuille d'hebdomadaires québécois grimper à 154 dans le cadre de la transaction avec Sun Media, a indiqué qu'il était maintenant constitué de 120 publications.

Quant aux 14 journaux vendus par l'imprimeur québécois, trois d'entre eux — le Journal de Saint-Hubert (Saint-Hubert), Le Rive-Sud Express (Longueuil) et L’Écho du Nord (Saint-Jérôme) — seront encore publiés en format papier.

Les 11 autres — Agri-Vallée (Valleyfield), Chambly Express, Le Journal de Joliette, Le Point du Lac-Saint-Jean (Saint-Félicien), Le Réveil (Saguenay), L’Écho de la Rive-Nord (Sainte-Thérèse), L’Écho de Laval, L’Écho de Trois-Rivières, Pub Extra Magazine (Laval-Laurentides), Sorel-Tracy Express et la Vallée du Richelieu Express (Mont-Saint-Hilaire) — seront exploités en ligne.

Les Médias de la Rive-Sud (2), Néomédia (11) ainsi que les Éditions Blainville Deux-Montagnes (1) ont été les trois acheteurs qui se sont partagé les 14 publications vendues.

Le commissaire de la concurrence, John Pecman, a indiqué qu'il était conscient que certaines collectivités allaient être déçues de voir disparaître des publications imprimées.

«Dans la conjoncture actuelle où plusieurs journaux affrontent des difficultés financières en raison de la transformation que subit actuellement l’industrie des journaux communautaires, les lois du marché font en sorte que les solutions sont limitées», a-t-il dit.

Selon M. Pecman, le Bureau a fait «tout son possible» pour trouver une solution de rechange qui aurait permis d'éviter que Transcontinental conserve la propriété de «tous les journaux».

La société québécoise publie plus de 30 magazines en plus d'exploiter un réseau de journaux locaux dans les provinces maritimes. Son groupe des Solutions Communautés locales Québec et Ontario compte quelque 1800 travailleurs.

L'action de Transcontinental a avancé mercredi de 70 cents, soit 4,6 pour cent, pour clôturer à 15,95 $ à la Bourse de Toronto.

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