POLITIQUE

Négos du secteur public: Québec nomme Maurice Charlebois négociateur en chef

03/09/2014 12:43 EDT | Actualisé 03/11/2014 05:12 EST
Patrick Bellerose

QUÉBEC - Dans un climat d'austérité budgétaire et de tension avec le monde syndical, le gouvernement Couillard a entrepris, mercredi, de lancer le processus de négociation du renouvellement des conventions collectives du secteur public.

Alors que le gouvernement jouit d'une marge de manoeuvre infinitésimale, le résultat de ces négociations risque de peser lourd dans la balance quant à sa capacité de rétablir l'équilibre budgétaire en 2015-2016, tel que promis.

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a mis la table, mercredi, en confiant à un grand commis de l'État, Maurice Charlebois, la délicate tâche de chapeauter la prochaine ronde de négociations avec les employés du secteur public, dont les conventions collectives viennent à échéance en mars 2015. Les premières rencontres doivent avoir lieu le mois prochain.

Son mandat consiste à renouveler le contrat de travail de 550 000 employés des secteurs public et parapublic, qui grugent 60 pour cent du budget total de l'État.

En conférence de presse, M. Coiteux n'a pas voulu dire si, dans le contexte actuel de contrôle des dépenses, le gouvernement excluait un gel des salaires des fonctionnaires pour les prochaines années.

«Nous ne fermons aucune porte», a dit le ministre, se gardant bien d'ouvrir son jeu.

Le nouveau négociateur en chef du gouvernement, âgé de 65 ans, a une longue feuille de route en matière de relations de travail.

Il a été vice-président aux ressources humaines chez Hydro-Québec de 2002 à 2009 et sous-ministre adjoint aux relations professionnelles au ministère de la Santé de 1989 à 1994. Il a aussi été secrétaire associé aux relations de travail au Conseil du trésor. Auparavant, il avait présidé le Comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux.

M. Charlebois s'est montré optimiste, disant espérer être capable «de trouver des pistes de solution».

Le ministre Coiteux a dit qu'il entreprenait ce marathon de négociation en tendant la main aux syndicats. «Ce n'est pas une relation de confrontation» qui s'annonce, a-t-il dit.

Pourtant, ces dernières semaines, le gouvernement ne s'est pas fait d'amis en milieu syndical, se mettant à dos les leaders des grandes centrales lors de la consultation sur le projet de loi 3 portant sur les régimes de retraite des employés municipaux.

«Le gouvernement doit faire le ménage dans sa cour. Le gouvernement doit préserver les services publics. Le gouvernement doit respecter ses employés. Le gouvernement doit viser à attirer le talent et retenir le talent dans la fonction publique. On a tous ensemble des défis», a fait valoir M. Coiteux, rappelant que la réalité financière du gouvernement était «incontournable».

«On doit trouver ensemble les moyens de faire mieux avec moins, parce que c'est notre capacité de payer», a-t-il ajouté, réaffirmant qu'il n'était pas question d'endetter les générations futures.

«Nous devons cesser de passer la facture à nos enfants», a dit le ministre.