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L'Ebola menace toute la planète, préviennent des responsables américains

03/09/2014 08:53 EDT | Actualisé 03/11/2014 05:12 EST

LONDRES - Le virus d'Ebola menace toute l'humanité et l'épidémie qui frappe actuellement cinq pays d'Afrique de l'Ouest se propagera probablement ailleurs, ont prévenu mercredi des responsables américains.

«Ce n'est pas une maladie africaine. C'est un virus qui menace toute l'humanité», a lancé Gayle Smith, une conseillère spéciale du président Barack Obama et une dirigeante du Conseil national de sécurité. Mme Smith s'adressait aux journalistes lors d'une conférence téléphonique.

Environ la moitié des 3000 personnes infectées par le virus depuis le début de l'épidémie sont mortes. On recense jusqu'à présent des cas en Guinée, au Liberia, au Nigeria, au Sénégal et en Sierra Leone. L'OMS a annoncé que le bilan en Afrique de l'Ouest avait dépassé les 1900 morts.

La propagation de la maladie échappe aux moyens déployés pour la freiner, a dit Tom Kenyon, des Centres de contrôle et de prévention de la maladie aux États-Unis. M. Kenyon s'est récemment rendu dans les régions infectées et participait à la même conférence téléphonique.

«Je pense que nous sommes confiants de voir arriver les travailleurs de la santé si nous implantons ces centres de traitement, mais évidemment ils doivent être formés adéquatement et supervisés et munis d'équipements de protection», a-t-il dit.

Plusieurs travailleurs au sol déplorent le manque de vêtements de protection, et des dizaines d'employés de la santé ont été infectés lors de cette épidémie. Le gouvernement américain «augmente de manière importante» ses dons de vêtements de protection, a dit Mme Smith.

L'Organisation mondiale de la santé a d'ailleurs indiqué, mercredi, qu'il faudra au moins 600 millions $ US pour combattre la maladie, notamment pour acheter des vêtements de protection et assurer des primes salariales adéquates aux travailleurs.

«Cette épidémie devance tous nos efforts de contrôle», a admis la directrice de l'OMS, la docteure Margaret Chan.

M. Kenyon estime que seule la mise en place des mesures adoptées lors des épidémies précédentes saura freiner le virus: l'isolement et le traitement des malades, la surveillance de leurs proches pour l'apparition de symptômes et l'inhumation sécuritaire des victimes. Il a prévenu de ne pas compter sur les vaccins et traitements expérimentaux pour sauver la mise.

Un médecin malade au Nigeria a exposé des dizaines de personnes au virus

Aussi, l'OMS a prévenu plus tard mercredi qu'un médecin malade dans le sud du Nigeria avait exposé des dizaines de personnes au virus Ebola en continuant de soigner des patients avant son décès.

Des responsables au Nigeria estimaient que l'Ebola avait été largement contenu dans ce pays le plus populeux de l'Afrique à la suite de cas subséquents au déplacement d'un voyageur malade du Liberia jusqu'à la ville de Lagos. Néanmoins, un homme qui avait eu des contacts avec ce visiteur malade s'était rendu dans la ville pétrolière nigériane de Port Harcourt, où il a déclenché une deuxième série de cas.

Un médecin de Port Harcourt et un autre patient sont décédés, et la veuve et la soeur du médecin sont aussi infectées. Environ 60 autres personnes sont sous surveillance après avoir eu un contact à «haut risque» ou à «très haut risque» avec le médecin infecté, a indiqué l'OMS.

«Étant donné ces multiples occasions d'exposition à haut risque, l'éclosion du virus Ebola à Port Harcourt a le potentiel d'une croissance plus large et plus rapide qu'à Lagos», a prévenu l'OMS.

Le bilan de l'Ebola au Nigeria a été restreint jusqu'à maintenant en comparaison avec les situations au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, où des centaines de personnes sont mortes. Les autorités au Nigeria ont indiqué que cinq personnes étaient mortes à Lagos, et que le médecin à Port Harcourt et l'autre malade portaient le bilan national à sept victimes.

L'homme qui a infecté le médecin de Port Harcourt a été retracé après une chasse à l'homme de quatre jours, et il prend du mieux.

Par ailleurs, un infirmier britannique qui avait été infecté par l'Ebola en Afrique de l'Ouest est guéri et a reçu mercredi son congé d'un hôpital de Londres.

L'homme de 29 ans, William Pooley, avait été infecté en soignant des patients en Sierra Leone. L'épidémie a fait plus de 1500 morts.

M. Pooley avait été rapatrié au Royaume-Uni le 24 août et placé en quarantaine à l'hôpital Royal Free. Il avait notamment reçu un médicament expérimental, le ZMapp, dont l'efficacité demeure incertaine.

Enfin, le médecin qui a supervisé les soins de deux Américains infectés a dit ne pas savoir si un troisième Américain lui aussi infecté sera amené à l'hôpital Emory, à Atlanta, comme les deux précédents.

Le docteur Bruce Ribner a déclaré au réseau NBC que des discussions semblent se dérouler concernant le rapatriement du patient, mais qu'on ne sait pas encore exactement où il sera hospitalisé.

L'agence humanitaire Serving in Mission a annoncé mardi que l'obstétricien a été placé en quarantaine au Liberia.

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