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Le premier ministre japonais intègre cinq femmes dans sa nouvelle équipe

03/09/2014 03:54 EDT | Actualisé 03/11/2014 05:12 EST

TOKYO - Le premier ministre japonais a désigné mercredi cinq femmes dans son cabinet ministériel, égalant le record en la matière, et envoyant le plus fort message, jusqu'à l'instant, quant à sa volonté de modifier les points de vue établis en matière de genre, et de relancer l'économie en intégrant les femmes comme travailleuses et dirigeantes.

Le Japon dispose d'un vaste bassin de femmes talentueuses et éduquées, mais elles sont sous-représentées dans les positions de direction au sein du gouvernement et des entreprises. Les femmes représentent 10 pour cent des parlementaires, et seulement 3,9 pour cent des membres des conseils d'administration des grandes compagnies japonaises, comparativement à 12 pour cent aux États-Unis et 18 pour cent en France.

Les femmes déplorent d'ailleurs depuis longtemps les obstacles les empêchant d'être prises au sérieux au travail, d'atteindre l'équité salariale, et de trouver des services de garde ou des conjoints aidants.

De son côté, le premier ministre Shinzo Abe a réitéré mercredi qu'un aspect essentiel de sa stratégie de croissance — les «Abenomics» — consistait à mieux tirer parti des femmes et de les nommer à des postes d'influence, avec une campagne surnommée «womenomics». M. Abe a établi un objectif de 30 pour cent de femmes aux postes de leadership dans les secteurs public et privé d'ici 2020.

Avoir cinq femmes ministres pour un cabinet de 18 personnes, est extrêmement rare au Japon. Cela équivaut au record établi en 2001 par l'ex-premier ministre Jinichiro Koizumi. Le précédent cabinet Abe, dissout plus tôt dans la journée, comptait deux femmes. Bien que les positions ministérielles soient en quelque sorte symboliques au Japon, où le gouvernement est largement géré par des fonctionnaires professionnels, accroître la présence des femmes à des postes de prestige est une étape vers l'égalité des sexes.

M. Abe a risqué d'offenser la longue lignée d'hommes puissants au sein de son parti, qui attendaient des promotions. Si certains experts croient qu'agir de la sorte pourrait affaiblir le pouvoir du premier ministre, d'autres pensent plutôt qu'il pourrait solidifier sa position en inspirant les femmes, qui sont très actives en politique auprès de l'électorat.

Le Forum économique mondial classe le Japon au 105e rang dans son classement de l'égalité des sexes.

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