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La Somalie tend un rameau d'olivier aux militants d'al-Shabab après des frappes

03/09/2014 03:45 EDT | Actualisé 03/11/2014 05:12 EST

MOGADISCIO, Somalie - Le gouvernement somalien a offert mercredi une amnistie aux combattants d'al-Shabab, le groupe islamiste extrémiste dont le leader a été ciblé lundi soir par des frappes américaines.

À la suite d'une réunion des responsables ministériels en matière de sécurité, les autorités somaliennes offrent 45 jours aux militants pour déposer les armes, a fait savoir mercredi à Mogadiscio le ministre de la Sécurité Khalif Ahmed Ereg. Cette offre d'amnistie survient après une attaque américaine visant le chef du groupe Ahmed Abdi Godane, dont l'état de santé demeure nébuleux alors que les Américains et les Somaliens évaluent les retombées des frappes.

Les forces somaliennes, appuyées par des troupes de l'Union africaine, ont lancé la semaine dernière une offensive contre les derniers fiefs des shébabs dans le sud du pays, où les militants prépareraient des attaques qui ont fait des dizaines de morts en Somalie cette année. Le groupe extrémiste disposerait de milliers de combattants qui luttent pour imposer la charia en Somalie, mais il fait également face à une pression militaire de plus en plus importante de la part des forces africaines qui ont aidé à expulser les militants de Mogadiscio en 2011.

Les extrémistes ont depuis adopté des tactiques comprenant des attentats-suicides et l'assassinat de responsables gouvernementaux.

Les autorités tentent de déterminer si Godane, âgé de 37 ans, a été blessé ou tué dans les frappes américaines, a mentionné mercredi le porte-parole gouvernemental Ridwaan Abdiwali. L'État est cependant certain que les bombardements ont touché «un rassemblement» de leaders des shébabs, et les autorités sont «en train» de confirmer l'identité des personnes touchées lundi soir, a-t-il précisé.

M. Abdiwali a salué l'appui américain dans la guerre contre le groupe militant, affirmant que l'étroite collaboration militaire avait aidé à affaiblir al-Shabab. Washington a confirmé mardi que les frappes, menées par des forces des opérations spéciales à l'aide d'avion avec et sans pilotes, ciblaient Godane. Les États-Unis ont agi sur la foi d'informations «suffisantes pour agir», a indiqué le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby.

L'attaque a touché une voiture dans laquelle Godane se déplaçait après avoir quitté une rencontre des principaux leaders des shébabs dans la région du Bas-Shabelle, et Godane «aurait pu être tué en compagnie d'autres militants», a confié mardi à l'Associated Press un haut responsable du renseignement somalien. Au moins six militants ont été tués dans l'attaque, a fait savoir un commandant des militants, Abu Mohammed, sans toutefois indiquer si Godane faisait partie des victimes.

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