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La Russie et l'Ukraine discutent d'un projet de cessez-le-feu

03/09/2014 04:42 EDT | Actualisé 02/11/2014 05:12 EST

KIEV, Ukraine - La Russie et l'Ukraine ont dit mercredi travailler sur une entente pour stopper des mois de combats dans l'est de l'Ukraine, une annonce qui risque d'éclipser un sommet de l'OTAN sur la crise qui s'amorce jeudi.

Les leaders occidentaux ont exprimé un certain scepticisme à l'égard du plan, soulignant qu'il ne s'agissait pas de la première tentative d'établir une trêve, et que les efforts précédents avaient échoué.

Le bureau du président ukrainien Petro Porochenko a affirmé, après une conversation téléphonique entre M. Porochenko et le président russe Vladimir Poutine, que les deux dirigeants s'étaient entendus sur des étapes devant mener à un cessez-le-feu.

Dans une déclaration à la télévision, M. Poutine a présenté un plan en sept points pour mettre fin aux hostilités dans l'est de l'Ukraine, où les séparatistes soutenus par la Russie ont fait des gains significatifs la semaine dernière contre les forces gouvernementales ukrainiennes après quatre mois de combats.

M. Poutine, prenant la parole lors d'une visite en Mongolie, a fait valoir que les rebelles devraient stopper leur progression, et que les forces du gouvernement ukrainien devraient se retirer à une distance rendant impossible pour elles de faire usage d'artillerie et de roquettes contre des zones résidentielles. Il a aussi exhorté à une surveillance internationale d'un cessez-le-feu, à un échange de prisonniers et à la livraison d'aide humanitaire dans les régions ravagées par la guerre.

Des représentants de la Russie, de l'Ukraine, des rebelles et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pourraient finaliser l'accord de paix dès vendredi, a dit le président russe. M. Porochenko a aussi exprimé l'espoir que les discussions, vendredi, à Minsk, au Bélarus, permettent aux deux parties de «véritables avancées pour en arriver à la paix».

Le président ukrainien a discuté du plan avec la chancelière allemande Angela Merkel, disant qu'il devrait inclure la surveillance par l'OSCE d'un cessez-le-feu, le retrait de soldats étrangers, une zone tampon à la frontière et la libération de tous les prisonniers ukrainiens détenus en Russie, selon son bureau.

Miroslav Rudenko, l'un des leaders des rebelles, a salué le plan de cessez-le-feu dans des propos cités par l'agence de nouvelles Interfax, disant qu'il n'y aurait «aucune logique envers une solution militaire au conflit» si Kiev retire ses troupes.

Ce n'est pas la première fois que les dirigeants disent s'être entendus pour rétablir la paix, ce qui n'a jamais empêché le conflit de s'intensifier. Le communiqué de mercredi a été publié au moment où le président américain Barack Obama arrivait en Estonie pour témoigner de sa solidarité envers les membres de l'OTAN qui craignent d'être les prochaines victimes de la Russie.

Le bureau de M. Porochenko avait tout d'abord annoncé une «entente sur une trêve permanente», avant de se raviser pour évoquer «une entente sur un régime de cessez-le-feu». Les modifications ont été apportées dans les versions russe, anglaise et ukrainienne du document. Cela semble indiquer que les différents camps s'entendent sur les étapes nécessaires à un cessez-le-feu, et non qu'une trêve est imminente.

Le leader rebelle Vladimir Brrig avait déclaré plus tôt à l'Associated Press que «tant que les forces ukrainiennes seraient sur le territoire de la République populaire de Donetsk, il ne pourrait y avoir de cessez-le-feu».

Les séparatistes prorusses ont fait fi d'une trêve unilatérale de 10 jours proclamée en juin par le président Porochenko.

M. Obama a estimé qu'il serait prématuré de se prononcer sur la portée de l'annonce de mercredi. Il a rappelé que de précédentes tentatives ont échoué et s'est demandé si les rebelles respecteraient une éventuelle trêve.

«Nous n'avons pas vu beaucoup de suivi concernant de soi-disant cessez-le-feu annoncés, a-t-il dit. Cela étant dit, si la Russie est vraiment prête à ne plus financer, armer, entraîner, et dans plusieurs cas participer avec des soldats russes aux activités en Ukraine et qu'elle est sérieuse concernant un réglement politique, c'est ce que nous souhaitons tous.»

Pendant ce temps, les leaders de l'Union européenne pourraient imposer des sanctions sportives à la Russie, même s'ils excluent pour l'instant de cibler des événements aussi prestigieux que la Coupe du monde de soccer de 2018. De nouvelles mesures pourraient être annoncées au cours des prochains jours.

Toutefois, le président français François Hollande a annoncé mercredi qu'il suspend la livraison à la Russie d'un gigantesque navire de guerre, en raison des agissements de Moscou en Ukraine. Le Vladivostok, le premier des deux porte-hélicoptères de classe Mistral commandés par la Russie, devait être livré d'ici la fin du mois d'octobre.

Les présidents Poutine et Porochenko s'étaient rencontrés la semaine dernière, au Bélarus, pour des pourparlers qui ont plutôt mis en lumière les fortes divergences d'opinion des deux leaders.

Dimanche dernier, le président Poutine a appelé le gouvernement ukrainien à lancer sans délai des discussions afin de trouver une solution politique à la crise. Le président Porochenko n'avait à ce sujet exprimé aucun commentaire.

L'Ukraine et plusieurs pays occidentaux accusent la Russie d'avoir approvisionné en armes et en militaires les rebelles prorusses de l'est ukrainien qui affrontent les forces gouvernementales depuis la mi-avril. Cette allégation est vivement niée par Moscou.

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