NOUVELLES

Irak: Human Rights Watch rapporte une tuerie de masse par l'État islamique

03/09/2014 05:13 EDT | Actualisé 03/11/2014 05:12 EST

NEW YORK, États-Unis - Des centaines de soldats irakiens auraient été massacrés en juin par des militants djihadistes de l'État islamique qui s'étaient emparés d'une base militaire au nord de Bagdad, a indiqué mercredi une importante organisation de défense des droits de la personne.

L'incident du Camp Speicher, une base aérienne qui appartenait précédemment aux États-Unis, compterait parmi les pires atrocités commises par l'État islamique dans le cadre de l'offensive qui lui a permis de s'emparer de vastes territoires dans le nord et l'ouest de l'Irak.

Selon l'organisation new-yorkaise Human Rights Watch, des preuve démontrent maintenant que les militants d'État islamique ont massacré entre 560 et 770 hommes détenus au Camp Speicher, près de Tikrit — un bilan nettement plus lourd que ce qui avait été précédemment évoqué.

«Ce sont des crimes horribles et énormes, des atrocités de l'État islamique, et à une échelle qui s'élève clairement au niveau des crimes contre l'humanité», a déclaré un conseille spécial de HRW, Fred Abrahams, aux médias rassemblés à Irbil.

Le groupe dissident d'Al-Qaïda avait prétendu, en juin, avoir «exécuté» quelque 1700 soldats et employés militaires au Camp Speicher. Le groupe avait alors mis en ligne des photos choquantes qui montraient apparemment ses militants massacrant des centaines de soldats irakiens ligotés et alignés, face contre terre, dans une fosse commune.

L'authenticité de ces images et l'importance du bilan n'avaient pu être vérifiées à l'époque. Human Rights Watch avait indiqué, à la fin juin, que l'analyse de photos et de photos satellitaires montrait qu'entre 160 et 190 militaires avaient été massacrés en deux endroits, entre les 11 et 14 juin.

Human Rights Watch base sa nouvelle évaluation sur l'analyse d'images captées par des satellites, des vidéos de militants et le témoignage d'un survivant, qui confirme l'existence de trois autres sites de massacres. HRW a prévenu que le bilan pourrait être encore plus lourd.

«Un autre morceau de ce casse-tête sanglant vient de tomber en place, avec la confirmation de plusieurs autres exécutions, a dit le directeur des services d'urgence pour HRW, Peter Bouckaert. Le barbarisme de l'État islamique contrevient à la loi et heurte fortement la conscience.»

Par ailleurs, l'émissaire spécial des Nations unies en Irak a demandé mercredi aux dirigeants du pays de mener une enquête «publique et indépendante» concernant le sort des soldats disparus, et pour récupérer les restes de ceux qui ont été massacrés.

«Il y va de l'intérêt de leurs familles et de leurs parents, qui ne savent rien du sort qui a été réservé à leurs proches, ainsi que de l'intérêt du public, de voir les autorités irakiennes faire tout en leur pouvoir pour déterminer ce qui est arrivé à ces hommes», a dit Nikolaï Mladenov.

M. Mladenov a ajouté que cette enquête est nécessaire pour «retrouver et identifier les restes de ceux qui auraient été tués, et pour initier tous les efforts pour obtenir la libération de ceux qui seraient détenus».

Le premier ministre irakien sortant, Nouri al-Maliki, a déclaré mercredi que plusieurs auteurs du massacre du Camp Speicher ont été arrêtés ou tués, et que les forces de l'ordre pourchassent les autres. Il n'a pas fourni plus de détails.

PLUS:pc