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Indépendance: Drainville propose de puiser dans les poches des contribuables

03/09/2014 01:42 EDT | Actualisé 03/11/2014 05:12 EST

QUÉBEC - Aspirant éventuel à la direction du Parti québécois (PQ), Bernard Drainville propose d'exclure la tenue d'un référendum dans le premier mandat d'un gouvernement péquiste.

En revanche, il suggère de recourir aux fonds publics pour paver la voie à l'indépendance et préparer la tenue d'un référendum dès la première année d'un deuxième mandat gouvernemental.

Le député de Marie-Victorin a choisi, mercredi, de partager sur son blogue «certaines idées fondamentales» qui alimentent sa réflexion sur sa décision de se porter candidat ou non à la chefferie du Parti québécois.

Décliné en trois étapes _ renouvellement du parti, préparation et réalisation de l'indépendance _ son plan de match vise à faire du Québec un pays souverain dans un peu plus de dix ans, en 2025.

Selon M. Drainville, il est clair que le PQ ne doit plus jamais se présenter devant l'électorat avec une position ambiguë à propos de la tenue ou non d’un référendum, une ambiguïté qui a plombé le leadership de Pauline Marois. Il croit que le PQ doit au contraire s'engager, aux prochaines élections en 2018, à ne pas tenir de référendum dans un premier mandat.

«Parce qu'on a du travail à faire et parce qu'il faut bien préparer l'État, a déclaré le député lors d'un entretien avec La Presse Canadienne. On ne peut pas préparer l'État québécois à l'indépendance en étant dans l'opposition, donc il faut prendre le temps de bien analyser les conséquences, de mettre de l'avant les arguments, de répondre aux questions des Québécois et je pense qu'ils vont être rassurés.»

Les quatre premières années du PQ de retour au pouvoir ne se limiteraient pas à offrir «un bon gouvernement», loin de là. Dans ce mandat sans référendum, le gouvernement péquiste utiliserait «les moyens et les ressources de l'État», c'est-à-dire l'argent des contribuables, pour «couvrir tous les aspects du projet d’indépendance».

«Tout gouvernement élu avec un certain nombre d'objectifs a la responsabilité d'utiliser les moyens de l'État pour valider, préciser, faire des analyses rigoureuses», a fait valoir M. Drainville.

En résumé, la machine administrative serait mise à contribution pour «vendre» le projet souverainiste.

Par exemple, le ministère des Finances serait chargé de «valider» le portrait économique d'un Québec indépendant et celui des Relations internationales serait appelé à contribuer à définir la première politique étrangère du pays du Québec. Il serait «irresponsable» d'agir autrement, selon le député.

«L'objectif des quatre premières années de gouvernement va être de renforcer le Québec et de préparer l'indépendance. Cela signifie que les projections financières et économiques d'un Québec indépendant devront être validées par le ministère des Finances. Si on veut commencer à définir la politique étrangère d'un Québec indépendant, il va falloir demander et s'appuyer sur l'avis des diplomates Québécois», a-t-il soulevé.

À l'expiration du mandat, en 2022, le PQ solliciterait à nouveau la confiance de l'électorat pour organiser, l'année suivante, un référendum avec cette question: «Voulez-vous que le Québec demeure une province du Canada ou devienne un pays indépendant?»

Fait à noter, la réponse à une question référendaire formulée de la sorte ne peut être un oui ou un non. Il s'agirait d'un choix à cocher entre deux options, a précisé M. Drainville.

«Le choix devant lequel on est placé est soit qu'on reste une province comme les autres, soit qu'on devienne un pays. Il n'y a pas de troisième ou de quatrième option. L'option de la société distincte, du fédéralisme renouvelé ou du statut particulier n'existe plus», a-t-il souligné.

Le Parti québécois devra encore patienter quatre ans dans l'opposition avant d'espérer reprendre les rênes du gouvernement.

De l'avis du candidat potentiel à la chefferie, le PQ doit utiliser ce passage à vide pour rétablir les ponts avec la population, la jeunesse et les souverainistes «égarés» dans les autres formations politiques. Il propose également la création d’un groupe de promotion du «Plan Indépendance 2025» chargé d'effectuer des recherches sur l’indépendance et de les diffuser.

Comme cela était prévisible, le gouvernement libéral a aussitôt discrédité la démarche proposée par le député souverainiste.

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, s'est demandé sur quelle «planète» vivait M. Drainville pour suggérer de dépenser l'argent des contribuables pour un projet rejeté par les Québécois.

«On aurait eu un déficit de cinq milliards de dollars et voilà quelqu'un qui est en train de discuter d'utiliser des fonds publics pour mousser une option qui a été rejetée massivement par la population lors de la dernière élection. Retournons sur la planète Québec», a-t-il lancé.

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