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François Legault constate la nécessité d'un plan pour les régions

03/09/2014 12:56 EDT | Actualisé 03/11/2014 05:12 EST

SAGUENAY, Qc - Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a reconnu mercredi que son parti doit étoffer son programme pour percer dans les régions.

M. Legault a affirmé que son projet de développement économique, le projet Saint-Laurent, a surtout trouvé des échos dans les secteurs de Montréal et Québec.

Avant d'aller rejoindre ses députés réunis dans un hôtel de Saguenay pour préparer la rentrée parlementaire, M. Legault a reconnu que la CAQ n'a «peut-être pas mis tout le temps, tous les efforts, toute l'énergie qui étaient nécessaires» dans sa réflexion sur les régions ressources.

Le caucus de la CAQ ne compte aucun député élu hors de l'axe qui va de la banlieue de Montréal à Québec.

Le chef caquiste a observé que son opposition à un projet de cimenterie en Gaspésie, à la filière éolienne et aux mini-centrales hydroélectriques relancées par les libéraux ont également nui à son parti dans les régions.

Afin d'élaborer davantage les propositions de la CAQ, deux de ses députés effectueront une tournée pour identifier les besoins des régions, a expliqué M. Legault lors d'une conférence de presse.

Selon le chef caquiste, Investissement Québec, une agence gouvernementale, doit notamment soutenir plus activement les entrepreneurs.

«On a besoin de revoir le rôle d'Investissement Québec surtout en regard des régions, a-t-il dit. Dans le projet Saint-Laurent, j'ai beaucoup parlé d'un plan, que certains ont appelé le plan sud, autour du grand Montréal et de Québec. Ça manquait peut-être à notre plateforme d'avoir un plan un peu plus détaillé sur les régions.»

Devant le taux de chômage élevé dans les régions, M. Legault a évoqué le «New Deal», un plan d'investissements massifs du gouvernement américain pour relancer les États-Unis après le krach boursier de 1929.

«La situation est assez grave pour qu'on ait une espèce de New Deal, a-t-il dit. Maintenant, le New Deal doit être avec les entrepreneurs. Et là il nous manque d'information, c'est combien d'entrepreneurs au Saguenay qui n'ont pas reçu l'aide qu'ils auraient pu recevoir, même chose en Gaspésie.»

Les porte-parole de M. Legault ont par la suite expliqué que ce «New Deal» ne vise toutefois pas à augmenter les sommes qu'Investissement Québec consacre en région.

M. Legault croit qu'il est possible pour l'agence gouvernementale d'intervenir d'une manière profitable pour les contribuables, contrairement à ce que ses adversaires ont mis de l'avant avec l'éolien, les mini-centrales et la cimenterie gaspésienne.

«Je veux avoir des projets qui ont une chance d'être rentables», a-t-il dit.

Avec des sondages qui placent la CAQ en deuxième place derrière les libéraux, M. Legault croit que son parti a l'étoffe pour devenir la nouvelle alternative au Parti québécois aux prochaines élections pour former le gouvernement.

«La prochaine bataille dans quatre ans, ce sera entre les rouges et les bleus, a-t-il dit. Sauf que les bleus ça va être la CAQ, un parti nationaliste moderne. De façon très réaliste, je veux prendre les comtés du Parti québécois ici.»

Le mois dernier, le chef caquiste a perdu une de ses vedettes économiques, Christian Dubé, qui a annoncé sa démission pour aller exercer des fonctions à la Caisse de dépôt et placement.

Alors que des rumeurs font état que les conservateurs fédéraux courtiseraient des députés caquistes en vue d'un saut lors de la prochaine élection fédérale, M. Legault a affirmé qu'il souhaite les garder dans son équipe afin de former le prochain gouvernement.

«Je veux les garder et je suis très certain que je vais les garder, et même celui qui a quitté, je souhaite qu'il revienne», a-t-il répondu en anglais.

Courtisé par les conservateurs, le député caquiste Gérard Deltell a affirmé avant la réunion qu'il a toujours l'intention de se présenter pour la CAQ aux prochaines élections.

«Les députés de la CAQ sont extrêmement bien établis, bien implantés dans leur circonscription, a-t-il dit. On n'a pas eu de vague, on s'est fait élire justement parce qu'on avait des propositions qui étaient audacieuses, mais réalistes et responsables. Alors oui, on a prouvé que les députés de la coalition sont d'excellents députés, et on va continuer à le prouver.»

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