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Exécutions: le Missouri vivement critiqué pour son protocole décrié

03/09/2014 06:31 EDT | Actualisé 03/11/2014 05:12 EST

ST. LOUIS, États-Unis - Alors que le Missouri se prépare à une nouvelle exécution, la semaine prochaine, une nouvelle étude laisse entendre que le département des Mesures correctionnelles a discrètement — et à plusieurs reprises — utilisé une substance ayant soulevé des inquiétudes au cours d'exécutions ratées dans d'autres États.

Le protocole d'exécution du Missouri ne permet que l'utilisation du pentobarbital. Selon l'État, cette substance fut la seule à être employée lors des décès de neuf hommes condamnés depuis novembre.

La radio publique de St. Louis a rapporté mercredi que le sédatif midazolam faisait lui aussi partie du processus au cours des neuf exécutions, et ce malgré les commentaires sous serment présents en janvier par le directeur du département George Lombardi selon lesquels l'État «n'utilisera pas» de midazolam. Un porte-parole du département, David Owen, souligne que le protocole de l'État pour les exécutions permet l'utilisation des sédatifs en prévision de l'exécution, et que ceux-ci ne font pas partie de la procédure principale. Il n'a pas voulu nommer le sédatif en question, mais a confirmé que seul du pentobarbital était utilisé pour l'injection létale.

Au cours d'une conférence de presse, le gouverneur Jay Nixon a soutenu que les tribunaux ont permis à plusieurs reprises le maintien du protocole du Missouri.

Malgré tout, l'avocate du condamné à mort Earl Ringo soutient que les informations sont alarmantes. Ringo doit mourir le 10 septembre pour avoir tué deux personnes au cours d'un vol dans un restaurant de Columbia en 1998.

L'avocate Kay Parish précise qu'elle demandera aux tribunaux de surseoir l'exécution en s'appuyant sur les inquiétudes soulevées par la radio de St. Louis. Selon elle, les responsables du département des Mesures correctionnelles «ont insisté à plusieurs reprises sur le fait que les exécutions ratées en Oklahoma, en Arizona et en Ohio n'ont rien à voir avec ce qui se passe au Missouri, puisqu'ils n'utilisent pas les mêmes substances. C'est un mensonge éhonté en fonction des informations parues aujourd'hui».

Du midazolam a été utilisé au cours de l'exécution de Dennis McGuire en janvier, en Ohio. Il a étouffé pendant 26 minutes avant de mourir. Clayton Lockett est mort des suites d'une présumée crise cardiaque 43 minutes après le début de son exécution comprenant du midazolam en avril. En juillet, Joseph Rudolph Wood a éprouvé de la difficulté à respirer plus de 600 fois et est décédé après quelque deux heures d'agonie.

Les opposants à la peine de mort ont critiqué la procédure du Missouri. L'État refuse de nommer l'entreprise lui fournissant la substance létale, ou d'indiquer si les substances sont testées.

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