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Yémen: le président dissout le cabinet pour calmer la grogne populaire

02/09/2014 03:10 EDT | Actualisé 02/11/2014 05:12 EST

SANAA, Yémen - Le président du Yémen a dissout mardi le cabinet, y compris le premier ministre aux commandes depuis deux ans, tout en revenant partiellement sur une décision précédente consistant à lever les subsides sur le carburant afin de tenter de mettre fin à un affrontement avec des rebelles chiites organisant des manifestations antigouvernementales à travers le pays.

Abed Rabbo Mansour Hadi a pris cette décision lors d'une rencontre avec ce qui est désormais le gouvernement sortant, des représentants de partis politiques et des parlementaires, a rapporté l'agence officielle SABA. Les décisions font suite à une «initiative» présentée par un comité présidentiel formé par M. Hadi afin d'examiner des solutions pacifiques à la crise qui secoue le pays.

Selon l'agence, le président aurait déclaré que le pays se trouve à un croisement entre «la vie, le développement et un nouveau Yémen, ou le chaos, l'absence de lois et l'inconnu».

Le président s'est engagé à représenter les intérêts de l'ensemble de la population, et non pas ceux de factions ou groupes précis. Un nouveau premier ministre sera nommé d'ici une semaine, et les partis politiques choisiront ensuite les ministres en puisant dans leurs propres rangs. Le président distribuera les portefeuilles de la Défense, de l'Intérieur, de la Finance et des Affaires étrangères.

Du côté des rebelles, toutefois, le porte-parole Mohammed Abdel-Salam indique que le geste a été rejeté et que son groupe maintiendrait la pression, tout en «ne fermant pas la porte au dialogue».

La décision présidentielle tombe 24 heures après que le leader des rebelles Hawthis Abdel-Malek al-Hawthi a franchi une nouvelle étape dans la confrontation en appelant à la désobéissance civile contre le gouvernement. Il a également réclamé l'expansion des manifestations ayant déstabilisé la capitale depuis plus de deux semaines. Les rebelles avaient appelé à la démission du gouvernement et au retour des subsides.

Le prix du carburant a presque doublé depuis la fin des subventions, mais la réaction de la population fut limitée lors de l'annonce en juillet. Des opposants soutiennent que les Hawthis utilisent ce prétexte comme couverture et ne sont intéressés que par la prise du pouvoir. La capacité des rebelles de mobiliser des dizaines de milliers de personnes dans la capitale et au cours de manifestations assises près de plusieurs ministères a entraîné la mise en alerte des autorités.

Selon un haut responsable des forces de sécurité, les Hawthis planifient une révolution «à l'ukrainienne» dans la capitale, et prévoient prendre d'assaut le siège du cabinet et le Parlement au cours des prochains jours.

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