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Révision des programmes: Martin Coiteux demande l'avis des citoyens

02/09/2014 11:50 EDT | Actualisé 02/11/2014 05:12 EST

QUÉBEC - Alors qu'il s'apprête à revoir la pertinence de l'ensemble des services gouvernementaux, le gouvernement Couillard cherche à mettre la population dans le coup en lançant un exercice de consultation sur Internet.

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, rencontrera les chefs syndicaux, associations patronales et autres intervenants pour connaître leurs vues sur les changements à venir, mais en parallèle il a dit souhaiter prendre le pouls de la population en général, invitée à profiter d'un «canal de transmission sans filtre».

S'il va aussi loin qu'il prétend vouloir agir en vue de réduire la facture des services offerts par l'État, le gouvernement risque de semer la grogne dans la population.

La consultation lancée mardi par M. Coiteux servira donc à préparer les esprits aux changements à venir, dont certains pourraient faire mal.

Car les missions gouvernementales sont présentement trop «éparpillées», ce qui occasionne de nombreux chevauchements qui coûtent «beaucoup» d'argent aux contribuables, a-t-il déploré.

Le ministre a cependant refusé de dire s'il fallait s'attendre à des coupes dès les mois à venir, alors que le gouvernement s'est engagé à réduire considérablement la croissance des dépenses pour atteindre l'équilibre budgétaire en 2015-2016.

«Le gouvernement avisera selon les besoins», quant à savoir le moment où le couperet tombera, a-t-il dit, en demeurant évasif.

Les citoyens intéressés à exprimer leur opinion, en disant par exemple quel service devrait être coupé, pourront utiliser la tribune Web www.revisiondesprogrammes.gouv.qc.ca.

Les internautes seront entre autres invités à identifier les programmes et organismes qui, selon eux, ont perdu leur pertinence en 2014.

En conférence de presse, le ministre Coiteux a de nouveau insisté sur l'urgence de mettre de l'ordre dans les finances de l'État, évoquant un «effort national de redressement des finances publiques, essentiel à la prospérité du Québec».

Selon le grand argentier de l'État, la reconduction du niveau de financement des programmes actuels est «difficilement compatible avec le retour au déficit zéro». L'éventail des services doit donc être revu et adapté à «la capacité réelle de payer» des contribuables, a-t-il fait valoir.

Il faut «avoir le courage de remettre en question certaines choses», a réaffirmé M. Coiteux.

Présidée par Lucienne Robillard, la Commission de révision permanente des programmes a été créée en juin par le gouvernement pour dégager, en prévision de l'an prochain, des économies de 3,2 milliards $.

Les travaux de la commission guideront la réflexion du gouvernement sur l'opportunité d'éliminer certains programmes ou d'en réduire la portée. Tous les programmes sont sujets à examen.

Une première série de recommandations est prévue pour le mois d'octobre. D'autres suivront périodiquement au cours de l'année qui vient.

Fruit d'un engagement électoral, la commission de révision permanente fera l'inventaire des programmes et des organismes, examinera leur pertinence, leur efficacité, leur gouvernance et leur mode de financement. Elle devra en outre s'assurer que les programmes répondent à un «besoin prioritaire des citoyens et relèvent de la mission de l'État».

La commission aura également à déterminer si le mode de financement des programmes respecte «la capacité réelle de payer des citoyens».

Le premier ministre Philippe Couillard avait promis il y a quelques semaines la tenue d'un «dialogue social» avec la population avant de sabrer dans les programmes.

La semaine dernière, le ministre des Finances, Carlos Leitao, avait prévenu que le retour à l'équilibre budgétaire serait difficile et que des services publics risquaient de passer à la trappe.

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