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Le leader d'al-Shabab aurait été touché par les frappes américaines en Somalie

02/09/2014 10:21 EDT | Actualisé 02/11/2014 05:12 EST

WASHINGTON - Le leader du groupe islamiste al-Shabab se trouvait à bord d'une des deux voitures détruites lundi en Somalie par des frappes aériennes américaines, a confié mardi un militant du groupe.

Il a toutefois refusé de dire si Ahmed Abdi Godane compte parmi les six personnes qui ont été tuées. Les deux véhicules se dirigeaient vers la ville côtière de Barawe, la base principale d'al-Shabab, quand ils ont été détruits, a indiqué Abou Mohammed à l'Associated Press.

Un témoin en Somalie a fait état d'une explosion assourdissante qui ciblait apparemment le leader du groupe. Une attaque perpétrée par al-Shabab dans un centre commercial de Nairobi, au Kenya, avait fait 67 morts il y a un an.

Les forces armées américaines ont attaqué le réseau extrémiste al-Shabab en Somalie, lundi, a confirmé le Pentagone.

La frappe américaine s'est produite dans une forêt au sud de Mogadiscio. Quelques heures plus tard, des militants d'al-Shabab ont arrêté des dizaines de personnes soupçonnées d'avoir collaboré avec les Américains, en plus de fouiller de nombreuses résidences.

Le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby, a affirmé que les États-Unis avaient lancé l'opération en fonction de renseignements fiables, et que les frappes «avaient atteint leur objectif». Mais les commandants ne pouvaient pas dans l'immédiat confirmer le résultat de l'attaque.

Les frappes sur un campement et un véhicule ont été menées par des forces spéciales ayant utilisé des avions avec et sans pilote, selon M. Kirby. Elles ont frappé avec des missiles Hellfire et des munitions guidées avec précision.

S'il a été tué, il s'agirait d'un dur coup porté à l'organisation d'al-Shabab et à ses capacités, a affirmé M. Kirby, qui a confirmé que les frappes visaient Godane.

Mais aussi, Godane n'a pas de successeur connu et s'il a été tué, al-Shabab pourrait écarter son association avec Al-Qaïda et se joindre au groupe État islamique.

Des informations laissent croire à des dissensions dans le groupe quant à savoir à quel réseau terroriste se joindre, a soutenu Matt Bryden, analyste à la tête de Sahan Research à Nairobi. Une lutte de pouvoir semble se profiler, a-t-il fait valoir.

Un «éclatement» apparaît comme une «issue probable», a aussi dit l'analyste en matière de terrorisme, J.M. Berger.

Godane aurait été ciblé au moment où il quittait une rencontre des principaux dirigeants du groupe. L'homme, qui porte aussi le nom de Moukhtar Abou Zoubeyr, est le chef spirituel d'al-Shabab, et c'est sous sa gouverne que le groupe s'est allié à Al-Qaïda. Les États-Unis offraient en 2012 une récompense de 7 millions $ US pour toute information menant à son arrestation.

Un dirigeant somalien a indiqué sous le couvert de l'anonymat que Godane a possiblement été blessé ou tué.

L'opération a été menée après que les forces loyalistes somaliennes eurent repris le contrôle d'une prison à sécurité maximum de la capitale. L'endroit avait été attaqué par sept présumés djihadistes tentant de libérer des extrémistes qui y étaient détenus.

Selon des officiels somaliens, tous les agresseurs, trois soldats loyalistes et deux civils ont été tués lors de l'affrontement. La prison Godka Jilacow est un centre d'interrogatoire de l'agence de renseignements de la Somalie. Plusieurs suspects seraient détenus dans des cellules souterraines.

Al-Shabab a revendiqué l'attaque.

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