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TransCanada: la Cour rejette la requête en injonction des écologistes

01/09/2014 06:44 EDT | Actualisé 01/11/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - TransCanada pourra aller de l'avant avec ses travaux exploratoires dans le fleuve Saint-Laurent, dès cette semaine, après que la Cour supérieure eut rejeté la requête en injonction d'écologistes.

Les groupes de défense de l'environnement estiment que les travaux de TransCanada sont dangereux pour les populations de bélugas qui vivent dans le fleuve et désiraient interrompre provisoirement les activités de TransCanada.

Le tribunal a jugé que les travaux exploratoires de TransCanada, en vue de construire un port pétrolier à Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent, ne constituent pas une menace pour ces mammifères marins.

La juge Claudine Roy estime que la position des écologistes est «alarmiste», alors que TransCanada n'est qu'à mener des «travaux préliminaires temporaires» et que la preuve «ne permet pas de conclure qu'ils pourraient même entraîner un tel préjudice».

L'avocat des écologistes, Michel Bélanger, croit que ses clients ont raison d'être inquiets des travaux qui seront menés par TransCanada. «Notre position est alarmiste, car la situation est alarmante. On ne parle pas de la coupe d'arbres, qui pourraient être replantés, on parle d'une espèce en voie d'extinction. Oui, on a peur pour les bélugas. Est-ce qu'il va encore en rester, oui sûrement, mais on ne peut pas se permettre d'en perdre en raison de travaux», a-t-il soutenu, quelques instants après la publication de la décision.

Au cours des prochaines heures, les écologistes étudieront la possibilité de déposer un autre type de requête en injonction, qui leur permettrait cette fois de présenter des experts devant le tribunal.

Les écologistes affirment avoir un «large appui» dans leur croisade contre la construction de ce port pétrolier, même s'ils admettent que la population même de Cacouna est «hésitante».

TransCanada satisfaite

De son côté, TransCanada affirme que ses travaux n'auront aucune incidence sur les bélugas et se réjouissait lundi soir de la décision du tribunal.

Le porte-parole de l'entreprise, Philippe Cannon, affirme que les détracteurs du projet sont des «opposants professionnels», qui ne sont pas à l'image des communautés du Bas-Saint-Laurent qui vont bénéficier des retombées du projet. «Jamais personne va me faire dire que c'est un mouvement populaire dans ce coin-là. Il y a des co-signataires du Bas-du-Fleuve, mais l'accueil qu'on a là-bas est très bon. Quatre milliards de dollars d'investis au Québec, dans mon souvenir à moi, il n'y a pas une compagnie privé qui a fait ça. C'est un bon projet», a-t-il soutenu lors d'une entrevue lundi soir.

Les travaux, qui ont obtenu l'autorisation du gouvernement du Québec, débuteront jeudi et permettront à TransCanada d'extraire des échantillons de sol du fond du fleuve Saint-Laurent.

«Un promoteur qui fait un stationnement souterrain à Montréal fera le même procédé qu'on fera. Dans le secteur où il ferait ses travaux, il y aurait des espèces vivantes et il devrait prendre des mesures. Nous, dans le secteur, il y a aussi une espèce vivante et on met des mesures de mitigation», a illustré M. Cannon.

Il s'attend à ce que des coups d'éclats soient menés par les écologistes au cours des prochains jours. «Il y en a déjà eu. Ils ont été se mettre en danger et mettre nos travailleurs en danger. Je ne pense pas que ça surprenne personne qu'on dise qu'il y aura probablement des gens qui vont aller tourner autour de nos installations et faire des coups d'éclat. C'est dommage», estime le porte-parole de TransCanada.

L'avocat des écologistes, Michel Bélanger, estime que la voie juridique demeure néanmoins la meilleure façon de bloquer le projet.

«Je ne souhaite pas qu'il y ait des coups d'éclats. On l'a vu avec le projet de loi 3 et l'hôtel de ville, ce n'est jamais souhaitable au niveau de l'opinion publique», a-t-il indiqué.

TransCanada déposera au cours des prochaines semaines son projet devant l'Office nationale de l'énergie.Si le projet est autorisé par les différentes instances gouvernementales, le terminal de Cacouna servira au futur oléoduc Énergie Est, qui transportera du pétrole de l'Ouest canadien vers l'Est.

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