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Les employés des fast-foods prévoient faire des gestes de désobéissance civile

01/09/2014 06:57 EDT | Actualisé 01/11/2014 05:12 EDT

NEW YORK, États-Unis - McDonald's, Wendy's et d'autres chaînes de restauration rapide devraient être la cible d'actes de désobéissance civile pouvant mener à des arrestations, jeudi, alors que les leaders syndicaux accélèrent leur campagne visant à syndiquer les travailleurs du milieu.

Kendall Fells, responsable de l'organisation chez Fast Food Forward, indique en entrevue que les travailleurs de plusieurs dizaines de villes ont été formés pour commettre pacifiquement des gestes de désobéissance civile en prévision des manifestations prévues cette semaine. Mme Fell n'a pas voulu dire ce qui était prévu lors des manifestations organisées dans quelque 150 villes américaines, mais les travailleurs impliqués dans le mouvement ont récemment invoqué des sit-ins comme exemples de stratégies pouvant être employées pour intensifier leur démarche visant à obtenir des salaires plus importants et la syndicalisation. De précédentes manifestations visaient quelques restaurants dans chaque ville, souvent sans véritablement déranger les activités commerciales.

Un porte-parole de l'Union internationale des employés des services, qui supervise les manifestations, a indiqué que des infirmières se joindront aux rassemblements à certains endroits.

La campagne «Fight for 15$ US» et a attiré l'attention à l'échelle des États-Unis, alors que l'accroissement des disparités économiques est devenu le sujet chaud du jour. Le président Barack Obama et d'autres ont affirmé que la hausse des salaires pour les gens se trouvant au bas de l'échelle pouvait servir à renforcer la classe moyenne. M. Obama a par ailleurs renouvelé son appel auprès du Congrès, lors d'un passage à Milwaukee, pour que celui-ci hausse le salaire minimum.

Plusieurs employés des fast-foods, par exemple, ne gagnent pas beaucoup plus que le salaire fédéral minimum de 7,25 $ US l'heure, soit environ 15 000 $ US par année pour des semaines de 40 heures. Ces travailleurs sont cependant sujets à des horaires imprévisibles et ne connaissent pas leur nombre d'heures travaillées de semaine en semaine, puisque les restaurants font attention de ne pas devoir payer du temps supplémentaire.

Cette campagne est conçue pour attirer l'attention sur ces problèmes, auxquels peu de consommateurs pensent lorsqu'ils achètent des burgers et des frites, mentionne Catherine Fisk, une professeur de droit du travail syndiqué à l'Université de Californie à Irvine. Avec le temps, croit-elle, cela pourrait aider à changer l'«état d'esprit» à propos des postes dans les restaurants de bouffe-minute, qui ont toujours été considérés comme difficiles à syndiquer.

«Le but est de persuader les travailleurs qu'il n'est pas nécessaire que cela se passe ainsi. L'objectif est aussi de convaincre les consommateurs de la même chose.» Mme Fisk rappelle entre autres que les emplois manufacturiers étaient autrefois considérés comme des postes mal rémunérés et sans grandes perspectives d'avenir. Cela a changé dans les années 1930, lorsque des protections juridiques favorisant la syndicalisation et des gestes posés par des travailleurs excédés ont aidé à transformer ces emplois en des professions davantage dignes de la classe moyenne.

Du côté de la National Restaurant Association, on affirme que les manifestations sont des tentatives de «regarnir les rangs des syndicats». Le lobby de l'industrie espère que les organisateurs seront respectueux des clients et des travailleurs durant les manifestations.

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