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Des manifestants antigouvernementaux envahissent la télévision publique

01/09/2014 07:47 EDT | Actualisé 01/11/2014 05:12 EDT

ISLAMABAD - Des manifestants antigouvernementaux ont envahi lundi le siège de la télévision publique pakistanaise, entraînant une brève interruption de la programmation.

Les violences représentent une aggravation des manifestations en cours depuis deux semaines sous la direction d'Imran Khan, un ancien joueur de cricket devenu politicien de l'opposition, et de Tahir ul-Qadri, un leader religieux impétueux. Les manifestants réclament la démission du premier ministre Nawaz Sharif en lien avec des allégations de fraude électorale lors du scrutin de l'an dernier, le premier transfert de pouvoir démocratique au Pakistan.

Au moins trois personnes ont perdu la vie et près de 400 autres ont été admises dans les hôpitaux pour diverses blessures subies lors des violences, qui ont commencé samedi soir et se sont poursuivies dimanche, ont indiqué les autorités.

Lundi, policiers et manifestants se sont affrontés dans différents coins de la «zone rouge» d'Islamabad, une vaste enceinte d'édifices gouvernementaux et de secteurs gazonnés au coeur de la capitale. Les manifestants, dont plusieurs étaient armés de gourdins ou portaient des masques à gaz, ont lancé des pierres aux policiers. Au moins cinq policiers, dont un haut gradé de la police d'Islamabad, ont été transportés vers l'hôpital, ensanglantés.

Des rumeurs ont circulé à travers la capitale, lundi, selon lesquelles les militaires avaient contraint M. Sharif à quitter le pouvoir, ce que l'armée s'est empressée de nier.

Les manifestants se sont rendus jusqu'à la clôture qui encercle la résidence du premier ministre, à quelques centaines de mètres de la résidence elle-même, où ils étaient attendus par des soldats et des paramilitaires.

«Nous avons rejoint la résidence du premier ministre. Attendez un peu et vous recevrez la nouvelle de notre victoire ultime», a lancé M. ul-Qadri.

Les manifestants ont aussi envahi le siège de la télévision publique pakistanaise, entraînant une brève interruption de la programmation. Des manifestants armés ont défilé dans les couloirs et vandalisé plusieurs équipements.

Un responsable de la télévision, Athar Farooq, a indiqué qu'une vingtaine de caméras ont été endommagées. «Les intrus semblaient bien formés», a-t-il dit, et ils recevaient des instructions par cellulaire. Des ordinateurs et d'autres équipements ont aussi été détruits. Les manifestants se seraient chamaillés avec des employés et auraient volé de la nourriture à la cafétéria.

Ils ont éventuellement quitté les lieux, après l'intervention des forces de l'ordre. Des images diffusées par des stations privées montraient des manifestants faisant l'accolade aux soldats avant de sortir.

M. Khan, l'ancien joueur de cricket, s'est distancé de ceux qui ont envahi la télévision publique. «Nous n'avons demandé à personne d'entrer où que ce soit, ce ne sont pas nos gens», a-t-il dit aux journalistes.

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