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Les forces irakiennes libèrent une ville du nord assiégée par les extrémistes

31/08/2014 10:31 EDT | Actualisé 31/10/2014 05:12 EDT

BAGDAD - Les forces de sécurité irakiennes et des miliciens chiites ont mis fin, dimanche, à un siège de six semaines imposé par les djihadistes à la ville turkmène d'Amerli, dans le nord de l'Irak, après des frappes aériennes américaines menées contre les positions de l'État islamique, ont annoncé des responsables. Dans la province d'Anbar, dans l'ouest du pays, un attentat-suicide visant la police a fait au moins 14 morts dimanche.

Un porte-parole de l'armée irakienne, le lieutenant-général Qassim al-Moussaoui, a expliqué que l'opération à Amerli avait commencé dimanche à l'aube et que les forces de sécurité étaient entrées dans la ville peu après midi.

En entrevue à la télévision irakienne, M. Al-Moussaoui a déclaré que les forces de sécurité avaient subi «certaines pertes», mais n'a pas donné de détails. Il a précisé que les combats se poursuivaient pour «nettoyer les villages environnants».

La fin du siège d'Amerli est «un grand accomplissement et une importante victoire» pour toutes les forces impliquées, a-t-il dit: l'armée irakienne, les forces d'élite, les combattants kurdes et les miliciens chiites.

Un député turkmène, Fawzi Akram al-Tarzi, a affirmé que les forces de sécurité étaient entrées dans la ville dans deux directions et avaient distribué de l'aide aux résidants.

Environ 15 000 Turkmènes chiites étaient coincés dans cette communauté agricole située à environ 170 kilomètres au nord de Bagdad. Plutôt que de fuir face à l'avancée des combattants de l'État islamique à travers l'Irak en juin, les Turkmènes sont restés et ont fortifié leur ville avec des tranchées et des positions armées.

Les résidants ont réussi à repousser une première attaque des djihadistes en juin, mais Amerli était encerclée par les extrémistes depuis la mi-juillet. Plusieurs civils ont affirmé que les efforts de l'armée irakienne pour parachuter de l'aide alimentaire n'étaient pas suffisants et ont enduré la chaleur suffocante du mois d'août pratiquement sans eau courante ni électricité.

Nihad al-Bayati, un résidant qui a pris les armes pour défendre sa ville, a affirmé que ses concitoyens et lui avaient tiré en l'air pour célébrer l'arrivée des forces de sécurité.

«Nous remercions Dieu pour cette victoire contre les terroristes», a-t-il déclaré à l'Associated Press, qui l'a joint par téléphone. «Les gens d'Amerli sont très contents de voir que leur supplice est terminé et que les terroristes ont été défaits par les forces irakiennes. C'est un grand jour dans notre vie.»

La télévision nationale a interrompu ses émissions pour diffuser des chants patriotiques après l'annonce de la victoire à Amerli, en félicitant les forces de sécurité qui combattaient les djihadistes depuis des semaines sans réel progrès sur le terrain.

En soirée, des responsables ont annoncé qu'un kamikaze avait précipité son véhicule piégé contre un poste de contrôle de la police dans la ville de Ramadi, tuant 14 personnes, dont neuf policiers. Au moins 27 personnes ont aussi été blessées dans l'attaque.

Ramadi, capitale de la province majoritairement sunnite d'Anbar, se trouve à environ 115 kilomètres à l'ouest de Bagdad.

Samedi, les États-Unis ont effectué des frappes aériennes contre les militants de l'EI et ont largué de l'aide humanitaire. Des appareils australiens, français, et britanniques ont participé à la mission humanitaire, menée à la demande du gouvernement irakien. Le commandement américain a ajouté qu'un autre bombardement, dimanche, avait endommagé un char d'assaut utilisé par les obscurantistes.

Selon le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby, les opérations militaires seront limitées en ampleur et en durée pour correspondre à la crise humanitaire à Amirli, et pour protéger les civils pris au piège dans la ville. Toujours aux dires du commandement américain, une autre frappe, menée dimanche près du barrage de Mossoul a permis de détruire un véhicule de l'EI. Cela porte à 120 le nombre de frappes en Irak depuis le 8 août.

De leur côté, des responsables allemands ont indiqué dimanche que leur pays commencerait bientôt à expédier des fusils sophistiqués, des armes antichar et des véhicules blindés pour équiper une brigade de 4000 combattants kurdes.

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