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Israël veut la collaboration des pays arabes pour rebâtir et désarmer Gaza

31/08/2014 05:03 EDT | Actualisé 31/10/2014 05:12 EDT

JÉRUSALEM - Israël et plusieurs pays arabes devraient travailler de concert pour rebâtir la bande de Gaza tout en désarmant les militants du Hamas qui dirige le territoire, a déclaré dimanche le ministre israélien des Finances.

Ces remarques prononcées par Yaïr Lapid surviennent une semaine après que l'État hébreu et le Hamas eurent conclu une trêve à la suite de près de deux mois de combats ayant dévasté certaines sections de l'enclave côtière. «Nous avons besoin d'une conférence régionale avec les Égyptiens, les Saoudiens, les États du Golfe, a déclaré M. Lapid, un membre du parti centriste Yesh Atid. Cette conférence devrait porter sur une seule chose, soit s'assurer que la réhabilitation ait lieu en même temps que la démilitarisation.»

Le ministre a cependant donné peu de détails sur la façon dont le Hamas serait privé de ses armes, puisque le groupe a juré que cela ne se produirait jamais. Pas plus qu'il n'était possible de savoir comment les pays arabes, dont certains, comme l'Arabie Saoudite, n'ont pas de relations officielles avec Israël, réagiraient à une telle conférence. M. Lapid a précisé qu'aucun pays n'avait été consulté.

À Gaza, Mushir al-Masri, un porte-parole du Hamas, estime qu'il s'agit d'une «demande stupide», et que «personne au sein du peuple palestinien n'acceptera une telle chose... nos armes sont utilisées pour défendre notre peuple, et ce droit nous est légué par les lois humaines et divines».

Le Hamas et d'autres militants de Gaza ont tiré 4591 roquettes et obus de mortier contre Israël durant les combats. L'armée israélienne affirme avoir touché 5226 «cibles» à Gaza. Les deux camps doivent tenir des discussions indirectes en Égypte, le mois prochain, à propos de problèmes importants toujours en attente de résolution.

Pendant ce temps, dimanche, Israël a annoncé l'expropriation d'environ quatre kilomètres carrés de terres en Cisjordanie, un geste qui pourrait ouvrir la voie à la construction d'une nouvelle colonie juive. L'armée israélienne a procédé à l'annonce en vertu d'un édit gouvernemental. Cette directive aurait été prise à la fin d'une opération militaire, en juin, qui visait à retrouver trois adolescents juifs enlevés et tués par des militants du Hamas. Ce coup de force du groupe palestinien a déclenché une série d'événements entraînant les 50 jours de guerre.

Les terres expropriées se trouvent près de Jérusalem. Israël espère éviter que la zone soit concernée par un éventuel accord de paix avec les Palestiniens. Le geste a été condamné par un porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, et un appel à la révocation de la décision a été lancé. Selon Nabil Abu Rdeneh, cela «mène à la détérioration de la situation».

Au dire du ministère israélien du Logement, l'annonce n'est que la première étape, et plusieurs années s'écouleront avant que quelque chose soit construit à cet endroit.

Plus tôt, dimanche, l'armée israélienne a fait savoir qu'un soldat blessé dans des combats dans la bande de Gaza était décédé des suites de ses blessures, portant le bilan israélien des victimes à 66 hommes de troupe. Six civils ont aussi été tués en Israël, dont un ressortissant thaïlandais. Plus de 2100 Palestiniens, dont 75 pour cent de civils selon l'ONU, ont perdu la vie dans l'autre camp.

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