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Des manifestants antigouvernementaux affrontent de nouveau la police au Pakistan

31/08/2014 04:04 EDT | Actualisé 31/10/2014 05:12 EDT

ISLAMABAD - Des manifestants antigouvernementaux armés de lance-pierres et de marteaux ont affronté la police à répétition dimanche dans la capitale pakistanaise, alors que le premier ministre Nawaz Sharif rencontrait ses conseillers pour trouver une façon de sortir de la crise qui représente la plus grande contestation de son autorité depuis le début de son mandat.

Au moins trois personnes ont perdu la vie et près de 400 autres ont été admises dans les hôpitaux pour diverses blessures subies lors des violences, qui ont commencé samedi soir et se sont poursuivies dimanche, ont indiqué les autorités.

Les violences représentent une aggravation des manifestations en cours depuis deux semaines sous la direction d'Imran Khan, un ancien joueur de cricket devenu politicien de l'opposition, et de Tahir ul-Qadri, un leader religieux impétueux. Les manifestants réclament la démission du premier ministre en lien avec des allégations de fraude électorale lors du scrutin de l'an dernier, le premier transfert de pouvoir démocratique au Pakistan.

Le parti de M. Sharif a été élu par une importante majorité et les observateurs électoraux n'ont pas trouvé de preuves de fraude généralisée. Le premier ministre refuse de démissionner, et des négociateurs tentent de convaincre MM. Khan et Ul-Qadri de mettre fin à leur mouvement de contestation.

Les rassemblements sont restés relativement pacifiques jusqu'à samedi en fin de soirée, quand des manifestants se sont dirigés vers la résidence du premier ministre. Lorsque la foule a commencé à déplacer les conteneurs d'expédition utilisés comme barricades, la police a tiré des salves de gaz lacrymogènes pour forcer les manifestants à reculer.

Des centaines de personnes ont été arrêtées, a indiqué le chef de la police d'Islamabad, Khalid Khattak. Des affrontements sporadiques ont été signalés dimanche matin, et les manifestants ont semblé se regrouper de nouveau dans l'après-midi.

Dimanche soir, de grands groupes de manifestants étaient réunis à différents endroits autour du parlement et ailleurs dans la ville, a indiqué un responsable de la police, Amir Paracha. Il a précisé que des protestataires avaient volé des boucliers aux policiers et qu'ils étaient armés de tiges de fer, de bâtons, de pierres et de briques.

Parmi les personnes blessées figurent des femmes, des enfants, des journalistes et des policiers atteints par des grenades de gaz lacrymogène, des coups de bâton et des balles en caoutchouc, a indiqué le directeur du principal hôpital d'Islamabad, le docteur Javed Akram.

Le ministre des Chemins de fer, Saad Rafiq, a affirmé que le gouvernement enquêterait sur la conduite des policiers ayant battu des journalistes.

Le premier ministre a reçu ses principaux conseillers dimanche dans sa résidence. Dans un communiqué de presse, M. Sharif annonce qu'il convoquera les deux chambres du Parlement mardi pour discuter de la crise.

Le communiqué appelle MM. Khan et Ul-Qadri à revenir à la table des négociations, mais ceux-ci ne semblaient pas prêts à tempérer leur position dimanche.

Les deux opposants, qui ont passé l'essentiel de la journée retranchés dans les conteneurs où ils vivent depuis des jours, se sont adressés à leurs partisans avec des discours enflammés.

«Désormais, c'est la mort ou la liberté!, a lancé Imran Khan. Nous ne partirons pas d'ici avant que Nawaz Sharif démissionne!»

Par ailleurs, dimanche soir, un avion cargo a été atteint par des projectiles à l'aéroport de Peshawar, où l'appareil avait atterri pour refaire le plein après avoir décollé de Kaboul, dans l'Afghanistan voisin. Il était impossible de savoir si l'avion avait été délibérément attaqué, ou plutôt touché par une balle perdue, peut-être au cours dans le cadre de célébrations d'un mariage, ont indiqué des responsables.

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